La grève des auto-écoles bouleverse la scène automobile française ce lundi 29 septembre 2025. Pour la première fois, les principales organisations d’auto-écoles (UNIC, Unidec, Mobilians) et le syndicat majoritaire des inspecteurs du permis (Snica-FO) se mobilisent ensemble. Le mot d’ordre est clair : dénoncer l’embouteillage administratif qui empêche des milliers de candidats d’accéder au permis de conduire, indispensable à la mobilité quotidienne.
Grève des auto-écoles : des délais intenables pour l’examen du permis
Le point de départ de la grève se situe dans les délais d’attente. La loi fixe un maximum de 45 jours entre deux présentations, mais « plus de 90 départements dépassent les délais légaux, et le délai moyen est aujourd’hui de 85 jours », alerte l’UNIC, citée par TF1 Info. Dans certains départements, la plateforme Passer Son Permis en Province parle de 6 à 8 mois d’attente, ce qui bloque non seulement les élèves mais aussi la trésorerie des auto-écoles.
La situation est d’autant plus critique que la demande explose. L’ouverture du permis à 17 ans, mise en œuvre début 2024, a attiré plus de 300 000 jeunes candidats dès la première année, soit environ un tiers d’une classe d’âge, souligne Le Monde. Si ces jeunes réussissent mieux que la moyenne (73 % contre 58 %), leur arrivée massive accentue la pression sur les places. En parallèle, le taux de réussite global reste limité à 55,9 % ce qui contraint près d’un candidat sur deux à se réinscrire. Résultat : les délais s’allongent inexorablement.
Examen du permis de conduire : vers une réforme ?
Face à cet embouteillage, les revendications de la grève sont claires. La FEETS-FO exige « recrutement de 150 inspecteurs et 20 délégués supplémentaires ; augmentation du volume minimum de formation à 28 heures ». Pour les organisations, mieux former les élèves réduirait les échecs, tandis qu’un renfort significatif d’examinateurs permettrait de fluidifier la file d’attente.
Le gouvernement a bien annoncé 80 000 places supplémentaires d’ici la fin 2025 et le recrutement de 10 inspecteurs à l’horizon 2026, comme le rappelle Mobilians. Mais ces mesures sont jugées insuffisantes. M’appel national à la grève sert de coup de semonce adressé à l’exécutif, accusé de sous-estimer l’ampleur du problème. Plusieurs réunions avec le ministère de l’Intérieur et l’Élysée ont eu lieu cet été, mais sans résultat concret, ce qui alimente le sentiment de blocage.
Auto-écoles en grève : une mobilisation d’ampleur à Paris
La grève se matérialise dans la rue. À Paris, des cortèges de véhicules-écoles circulent sur le périphérique, provoquant ralentissements et perturbations avant de converger vers la place de la Nation.
La participation devrait être significative. PermisMag évoque 35 % des auto-écoles prêtes à rejoindre la manifestation, un chiffre indicatif mais révélateur d’une mobilisation nationale. Pour l’AFP, l’union inédite entre auto-écoles et inspecteurs confère une légitimité nouvelle à la grève puisque c’est la première fois qu’un préavis commun est déposé, renforçant la crédibilité du mouvement.



