Ce lundi 28 juillet 2025, le ministre des Transports Philippe Tabarot et son homologue italien Matteo Salvini ont coupé le ruban d’un chantier titanesque. Le tunnel du Fréjus, pilier des échanges routiers franco-italiens, offre désormais une circulation dissociée dans chaque sens.
Tunnel du Fréjus : douze ans de travaux sans couper la circulation
Long de 12,87 kilomètres, le tunnel du Fréjus relie la France à l’Italie sous les Alpes depuis 1980. Il accueille chaque année plus de deux millions de véhicules, dont un million de poids lourds. L’ouvrage est un maillon essentiel du réseau routier européen, tant pour les voyageurs que pour le fret transalpin.
Jusqu’à présent, la circulation dans le tunnel s’effectuait dans un seul tube, dans les deux sens. Désormais, grâce au second tube inauguré le 28 juillet 2025, voitures et camions circuleront chacun de leur côté, sans croisement.
Le chantier, mené conjointement par la Société Française du Tunnel Routier du Fréjus (SFTRF) et son équivalente italienne SITAF, a duré plus d’une décennie. Il s’est déroulé sans interruption majeure de la circulation. Résultat : une performance technique qui mérite d’être saluée, et une transformation profonde de l’infrastructure.
Outre le second tube, l’aménagement intègre des « rameaux », des connexions intertubes pensées pour évacuer rapidement les usagers ou permettre aux secours d’intervenir efficacement en cas d’incident. L’ensemble porte le niveau de sécurité du tunnel à son maximum.
Un tunnel routier unique en Europe
Avec ses deux tubes et ses équipements de sécurité renforcés, le tunnel du Fréjus devient désormais le plus long tunnel routier à double tube d’Europe. Ce statut en fait non seulement un modèle d’ingénierie transfrontalière, mais aussi un atout stratégique dans les Alpes.
Cette ouverture survient un mois après la remise en service du tunnel de Tende, autre axe clé entre la vallée de la Roya et le Piémont, également rénové sous la houlette de Philippe Tabarot. « Ces deux ouvrages ont chacun leur histoire, mais répondent à une même exigence : garantir des liaisons transfrontalières solides », a souligné le ministre dans un communiqué du 28 juillet 2025.
Inauguré aux côtés de Matteo Salvini, vice-président du Conseil italien et ministre des Infrastructures, le second tube symbolise une volonté politique conjointe. Pour Philippe Tabarot, « leur aboutissement, dont nous pouvons être fiers, illustre la force d’une volonté politique partagée avec l’Italie pour lever les blocages et achever des travaux qui n’ont duré que trop longtemps ».
Entourés de figures politiques comme Fabrice Pannekoucke (Région Auvergne-Rhône-Alpes), Alberto Cirio (Piémont) et Christophe Castaner (SFTRF), les deux ministres ont affirmé un engagement clair : celui de moderniser les grands axes routiers entre la France et l’Italie, sans renoncer à l’exigence de sécurité.




