La décision d’Anne Hidalgo, maire de Paris, de procéder à une réduction de la vitesse maximale sur le périphérique de 70 km/h à 50 km/h fait beaucoup jaser. Prévue pour le 1er octobre, cette mesure vise à calmer le bruit et réduire la pollution de l’air. Néanmoins, elle suscite une forte opposition, notamment de la part du nouveau ministre délégué aux Transports, François Durovray, et d’autres personnalités politiques de premier plan.
Divergences sur la gestion du périphérique
François Durovray, qui vient de quitter la présidence du conseil départemental de l’Essonne pour rejoindre le gouvernement, reste sceptique face à cette décision. Pour lui, le périphérique est une voie indispensable, non seulement pour les Parisiens, mais aussi pour les nombreux Franciliens qui l’empruntent chaque jour. « Je pense que ce n’est pas une décision que la maire de Paris peut prendre seule », affirme-t-il, plaidant pour un échange plus large entre les différents acteurs.
De son côté, Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, propose une autre piste : l’utilisation d’enrobés sonores pour atténuer le bruit, plutôt que de réduire simplement la vitesse. Cette alternative permettrait de répondre aux préoccupations environnementales tout en évitant de trop perturber la circulation.
Les transports alternatifs à l’honneur
François Durovray met aussi en avant l’importance de développer des solutions alternatives au transport individuel, comme les voies réservées au covoiturage. Pour lui, limiter la circulation sans proposer d’autres options ne fait pas l’affaire : « Cela ne sert à rien de restreindre la circulation s’il n’y a pas d’alternatives ». Selon lui, l’offre de covoiturage dans la région « n’est pas tout à fait mature » et appelle à promouvoir davantage les transports en commun.
Il mentionne également les projets en cours comme le Grand Paris Express, avec l’extension prochaine des lignes 15, 16, 17 et 18 du métro.
Regards nationaux et régionaux
Sur le plan national, Philippe Tabarot, ministre des Transports, appelle à une approche mesurée en ce qui concerne la limitation de vitesse sur les autoroutes franciliennes. Avec l’appui du préfet de police, il montre ses réserves face à une baisse généralisée de la vitesse : « Sur les autoroutes qui sont de ma responsabilité, je n’ai pas souhaité les suivre là-dessus ». Il propose plutôt de mener des expérimentations suivies de bilans avant de penser à un changement définitif.
Les élus franciliens réclament aussi la mise en place d’un « plan national des infrastructures autoroutières » pour assurer la cohérence des mesures prises et empêcher que différentes instances locales agissent de manière isolée.
Ce débat sur le périphérique parisien met en lumière des enjeux beaucoup plus vastes sur la mobilité en Île-de-France, comme les Zones à Faibles Émissions. Tandis que certains prônent une forte réduction de l’usage des voitures pour préserver l’atmosphère de nos villes, d’autres rappellent qu’une transition, comme la piétonnisation de Paris, doit se faire de manière réfléchie et juste pour ne pas pénaliser les usagers quotidiens. L’avenir du périphérique semble donc tenir d’un délicat équilibre entre innovation écologique et réalisme économique.






