Le groupe Volkswagen traverse une période mouvementée. Entre baisse des ventes, restructuration massive et usines sous-utilisées, l’entreprise allemande se retrouve à la croisée des chemins. Pour assurer la viabilité de ses sites de production en Europe, une solution fait son chemin : s’allier avec des investisseurs chinois.
Une industrie en crise : Volkswagen face aux défis du marché
Les difficultés de Volkswagen ne sont pas isolées. L’ensemble du secteur automobile européen subit un ralentissement des ventes, notamment pour les véhicules électriques. À cela s’ajoutent une hausse des coûts de production et une forte concurrence, en particulier celle des constructeurs chinois qui gagnent du terrain sur le marché européen.
Dans ce contexte, Volkswagen doit réduire ses dépenses de plusieurs milliards d’euros. Le groupe a déjà annoncé en décembre 2024 une vaste restructuration, incluant la suppression de 35 000 postes en Allemagne, la vente de certaines usines et une rationalisation de sa production. Mais ces mesures ne suffisent pas à garantir la pérennité des sites.
Face à cette situation, Volkswagen explore la possibilité d’un rapprochement avec des constructeurs chinois. L’objectif ? Rentabiliser ses capacités de production sous-exploitées en accueillant des partenaires asiatiques dans ses usines européennes.
Cette idée a été confirmée par plusieurs dirigeants du groupe. Gernot Döllner, directeur général d’Audi, s’estmontré favorable à l’ouverture des usines Volkswagen aux constructeurs chinois, une approche qui permettrait de contourner les taxes douanières européennes tout en optimisant les capacités industrielles du groupe. David Powels, directeur financier de Volkswagen, a également affirmé que toutes les options restaient ouvertes.
Des discussions concrètes auraient même été engagées avec un constructeur chinois pour une collaboration dans l’usine allemande d’Emden, où sont actuellement produits les modèles ID.4 et ID.7. Toutefois, les coûts élevés de production auraient refroidi les investisseurs potentiels.
Osnabrück et Dresde : des sites en sursis
Deux usines en particulier sont concernées par ces discussions : Osnabrück et Dresde.
- L’usine de Dresde, spécialisée dans la fabrication de l’ID.3, verra son activité maintenue jusqu’à la fin 2025. Mais au-delà, Volkswagen cherche une alternative viable. Un « concept global alternatif » est actuellement à l’étude pour assurer l’avenir du site.
- L’usine d’Osnabrück, qui emploie 3 000 salariés et produit notamment le cabriolet T-Roc, doit maintenir son activité jusqu’en 2027. Après cela, plusieurs options sont envisagées, dont un rachat par un groupe chinois ou un industriel européen.
L’Allemagne pourrait-elle accepter un tel rapprochement, alors que les relations économiques avec la Chine sont déjà sous tension ?
En 2016, la tentative de rachat du fabricant de robots Kuka par une entreprise chinoise avait provoqué une levée de boucliers outre-Rhin. Aujourd’hui, un scénario similaire pourrait relancer le débat sur la souveraineté industrielle européenne. Certains responsables politiques, comme Friedrich Merz, candidat conservateur à la chancellerie, appellent déjà à plus de fermeté face à Pékin.
En parallèle, Volkswagen a historiquement tiré une part importante de ses bénéfices du marché chinois. Mais la montée en puissance des constructeurs locaux et la préférence des consommateurs chinois pour les marques nationales fragilisent la position du groupe en Asie. Le partenariat envisagé pourrait donc être une tentative désespérée de conserver une influence dans cette région, tout en rééquilibrant sa production en Europe.






