La société américaine Leonardo a présenté SignalTrace, un système qu’elle décrit comme une évolution des lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation (ALPR). Le dispositif créerait une empreinte électronique propre à chaque conducteur pour aider les enquêtes policières, explique Les Numériques. Vendu comme un moyen de renforcer la sécurité, il soulève déjà de fortes inquiétudes sur le respect de la vie privée et sur la législation en France.
Qui est derrière SignalTrace et comment ça marche
Leonardo, basée aux États-Unis, a conçu SignalTrace pour étendre les capacités de la Lecture Automatisée des Plaques d’Immatriculation. Au lecteur ALPR classique, le système ajoute des capteurs qui repèrent plusieurs types d’appareils électroniques :
- les smartphones
- les écouteurs Bluetooth
- les montres connectées
- les puces RFID
- les ordinateurs portables
- les capteurs de pression des pneus
L’algorithme relie ensuite ces appareils à une plaque pour générer l’empreinte électronique du conducteur.
Cette méthode à plusieurs critères répond à une faille connue des systèmes de LAPI. En rattachant des appareils à une personne, et non à une plaque seule, SignalTrace assure pouvoir suivre quelqu’un même s’il change de véhicule ou d’endroit.
À quoi sert SignalTrace
Leonardo destine SignalTrace aux enquêtes. Parmi les usages cités :
- l’identification de suspects via leurs appareils électroniques
- le suivi de l’activité criminelle
- la détection de schémas de convois
- l’analyse environnementale avec des traceurs GPS
Leonardo assure que les données sont recueillies de façon « sécurisée et non intrusive », à partir des seuls flux publics. L’entreprise ajoute que le système fonctionne « comme un lecteur de plaques d’immatriculation en capturant les identifiants sans accéder aux données personnelles ni aux messages ».
Atteintes à la vie privée et conséquences sociales
Des outils comme SignalTrace soulèvent plusieurs inquiétudes. Les défenseurs des libertés civiles craignent une hausse des intrusions dans la vie privée, par exemple via le traçage commercial et le profilage comportemental sous-traité, qui deviendraient difficiles à encadrer si le secteur privé adoptait largement cette technologie. La transformation des espaces publics en zones de surveillance généralisée est un autre risque concret.
Les promesses de confidentialité de Leonardo laissent beaucoup d’observateurs sceptiques, d’autant que les autorités et les forces de l’ordre pourraient se servir de ces données pour des contrôles et des vérifications d’identité. Sur le plan politique, le débat porte sur l’acceptabilité de tels dispositifs de surveillance, et l’Union européenne a déjà laissé entendre qu’elle pourrait émettre des réserves face à ce type de pratiques.


