L’Union européenne a récemment annoncé un assouplissement des ambitions sur les moteurs thermiques, une décision qui va peser sur l’industrie automobile, remettant en cause l’interdiction des moteurs thermiques. La Commission européenne, dirigée par Ursula Van Der Leyen, a modifié le « paquet automobile » pour l’Europe. Ce changement provoque des tensions entre constructeurs, ONG et responsables politiques.
Ce qui divise l’industrie auto
Parmi les concernés, le groupe Stellantis critique fermement cette orientation, rapporte L’Automobile Magazine. Antonio Filosa, le nouveau dirigeant de Stellantis, s’éloigne de la position précédente de Carlos Tavares en jugeant que l’assouplissement reste insuffisant et ne permettra pas de produire des véhicules abordables pour la majorité des consommateurs. De son côté, Volkswagen se dit satisfait mais prévient que la mise en œuvre nécessitera des clarifications. L’association allemande VDA souligne que l’ouverture technologique reste semée d’embûches.
Les ONG et le camp du « maintien » voient plutôt cette décision comme une révision anticipée des engagements antérieurs. Des groupes français comme 40 millions d’automobilistes saluent la mesure, la qualifiant de « victoire historique », tandis que la FNA parle d’une « avancée politique majeure ». À l’inverse, la FIEV reste critique et pointe l’absence de mesures concrètes pour favoriser le contenu local européen.
Ce que ça change économiquement et géopolitiquement
Les répercussions économiques de cet assouplissement sont importantes, notamment pour l’Allemagne, qui a déjà subi des pertes d’emplois significatives, en raison des nouvelles règles CO₂ de l’UE. Cela met en lumière la nécessité de rentabiliser les « centaines de millions d’euros » investis dans les motorisations thermiques. Pour atteindre l’objectif de 90 % de réduction des émissions, il faudra que les véhicules électriques dominent le marché, avec une part de vente de « plus de 66 % » dès 2030.
Sur le plan géopolitique, l’Union européenne doit composer avec un protectionnisme grandissant venant de pays comme les États-Unis et la Chine, accentué par des figures comme Donald Trump. La stratégie européenne mise sur le dispositif « Made in EU » pour soutenir la production locale, même si certains experts jugent sa portée « extrêmement limitée ».






