Le 20 mars 2026, Stellantis a engagé un rappel massif touchant environ 212 000 véhicules en France. Sont concernés des modèles récents issus des marques Peugeot, Citroën et DS, équipés d’une motorisation hybride basée sur l’évolution du bloc 1.2. L’alerte porte sur un défaut pouvant provoquer un échauffement anormal et, dans certains cas, un départ de feu.
Ce rappel intervient dans un contexte déjà tendu pour le constructeur, confronté depuis plusieurs années à des problématiques de fiabilité sur ses motorisations trois cylindres. La version électrifiée, censée corriger les faiblesses du PureTech, se retrouve à son tour sous surveillance.
Stellantis : origine technique du défaut et scénario de défaillance
Le cœur du problème réside dans un composant du système moteur, impliqué dans la gestion thermique ou électrique de la chaîne de traction hybride. Les informations disponibles convergent vers un défaut susceptible de générer une surchauffe localisée dans le compartiment moteur, pouvant évoluer vers un départ d’incendie.
Dans une architecture hybride, la cohabitation entre éléments thermiques classiques et composants électriques (batterie, alterno-démarreur, faisceaux) augmente mécaniquement les contraintes en température.
La défaillance pourrait ainsi résulter d’un cumul de facteurs : montée en charge prolongée, défaut d’isolation, ou encore dégradation prématurée d’un composant. Stellantis reconnaît d’ailleurs que « le défaut peut provoquer un incendie dans certaines conditions d’utilisation », ce qui laisse entendre une dépendance au cycle d’utilisation réel du véhicule.
Identification des véhicules Stellantis concernés et périmètre du rappel
Le rappel concerne principalement des modèles hybrides récents reposant sur la nouvelle génération du moteur 1.2, dérivée du PureTech. Cette motorisation, largement diffusée dans le groupe, équipe de nombreux véhicules du segment B et C.
Le volume du rappel, estimé à plus de 200 000 unités en France, traduit une diffusion importante de cette technologie. Les modèles précis ne sont pas tous détaillés publiquement, mais il s’agit essentiellement de véhicules produits récemment, intégrant une hybridation légère ou complète.
L’identification repose sur les numéros de série. Stellantis a lancé une campagne de notification directe, mais le constructeur recommande également une vérification proactive. « Les clients doivent contacter leur réseau pour une mise à niveau », indique le groupe. L’intervention consiste à corriger ou remplacer l’élément défectueux afin de sécuriser la chaîne thermique.
Un nouveau signal sur la fiabilité du moteur 1.2 Stellantis
Ce rappel s’inscrit dans une continuité technique. Le moteur 1.2 PureTech a déjà été au centre de plusieurs campagnes liées à des défaillances mécaniques, notamment autour de la distribution et de l’usure prématurée de certains composants.
La transition vers l’hybridation devait permettre d’améliorer la robustesse globale du système. Toutefois, l’intégration de modules électriques et de nouvelles contraintes thermiques semble introduire d’autres points de fragilité. Le passage à des architectures plus complexes, combinant thermique et électrique, impose une maîtrise fine des flux de chaleur et des interactions entre composants.
Par ailleurs, des rappels similaires avaient déjà été enregistrés en 2025 sur certains modèles du groupe, notamment pour des risques d’incendie. Cette répétition interroge sur la robustesse des processus de validation en phase de développement.
Gestion du risque et protocole d’intervention sur les véhicules
Sur le plan opérationnel, Stellantis a enclenché une procédure classique mais rapide. Les véhicules concernés doivent être pris en charge en concession afin de bénéficier d’une intervention corrective. Celle-ci est intégralement supportée par le constructeur.
Techniquement, l’opération consiste à intervenir sur le composant incriminé, soit par remplacement, soit par modification. L’objectif est d’éliminer toute source de surchauffe et de garantir un fonctionnement conforme aux spécifications initiales.
En exploitation, le risque reste conditionnel. Il dépend de paramètres d’usage, ce qui explique l’absence de consigne d’immobilisation immédiate. Néanmoins, les conducteurs sont invités à rester vigilants. Toute anomalie thermique ou olfactive doit conduire à un arrêt du véhicule afin d’éviter une dégradation rapide de la situation.
Ce rappel constitue enfin un enjeu industriel pour Stellantis. Au-delà de la correction technique, il s’agit de restaurer la confiance sur une motorisation centrale dans sa stratégie européenne, alors même que l’hybridation représente une étape clé dans la transition énergétique du groupe.


