Une étude européenne d’ampleur inédite bouscule la promesse de la motorisation hybride rechargeable. Basée sur près d’un million de voitures en circulation, elle montre une consommation réelle proche de 6 L/100 km, soit environ 300 % de plus que les chiffres d’homologation. Pour l’automobile et la transition énergétique, l’impact est majeur.
Une photographie inédite de la consommation hybride en conditions réelles
Le 18 février 2026, plusieurs médias allemands ont relayé les résultats d’une étude coordonnée par le Fraunhofer ISI. Cette analyse repose sur les données OBFCM européennes, enregistrées directement à bord des véhicules. Autrement dit, il ne s’agit plus d’essais en laboratoire, mais de la consommation réellement observée sur route.
Selon ZDFheute, l’échantillon couvre environ un million d’automobile hybrides rechargeables immatriculées entre 2021 et 2023. Les valeurs officielles WLTP de ces modèles se situent en moyenne entre 1,4 et 1,6 L/100 km. Cependant, les données collectées en usage réel indiquent une consommation comprise entre 5,8 et 6,1 L/100 km.
Hybride rechargeable : pourquoi l’écart est-il si important ?
Pour comprendre cette consommation élevée, il faut analyser le fonctionnement même d’une motorisation hybride rechargeable. Sur le papier, le système combine un moteur thermique et une batterie rechargeable permettant de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres en mode électrique. L’homologation WLTP suppose un usage intensif du mode électrique.
Or, selon l’étude, la part réelle d’usage électrique se situe dans une fourchette de 27 à 31 %. Cela signifie que près de 70 % des kilomètres sont effectués avec le moteur thermique actif. De plus, ZDFheute précise qu’en mode de décharge majoritairement électrique, la consommation réelle atteint déjà environ 3 L/100 km. Le thermique n’est donc jamais totalement absent.
Lorsque la batterie est vide, l’automobile hybride se comporte comme un véhicule thermique alourdi par sa double motorisation. Les données indiquent une consommation en mode thermique stabilisé autour de 7,4 L/100 km. Pour un SUV familial, ce niveau n’a rien d’exceptionnel, mais il est très éloigné des 1,5 L/100 km affichés sur la fiche technique.
Motorisation hybride et réglementation : un modèle sous pression
Les conséquences dépassent la simple consommation carburant. En effet, les normes européennes de CO₂ reposent sur les valeurs d’homologation. Or, si une hybride consomme réellement près de 6 L/100 km, ses émissions de CO₂ sont bien supérieures aux chiffres réglementaires utilisés pour calculer les objectifs constructeurs.
Patrick Plötz a expliqué, selon ZDFheute, qu’il est désormais possible de s’appuyer sur les données réelles plutôt que sur la seule estimation. Il estime que les constructeurs respectant réellement les seuils sur route devraient être valorisés, tandis que ceux qui ne les respectent pas pourraient être pénalisés. La réglementation pourrait donc évoluer vers un système davantage basé sur la consommation mesurée.





