Ce bras de fer européen qui menace l’avenir des voitures électriques françaises

Le Royaume-Uni s’inquiète de l’avenir économique face à la stratégie française sur le « fabriqué en Europe ».

Publié le
Lecture : 2 min
Ce bras de fer européen qui menace l’avenir des voitures électriques françaises
Ce bras de fer européen qui menace l’avenir des voitures électriques françaises © L'Automobiliste

La volonté récente du Royaume‑Uni de rassembler des alliés au sein de l’Union européenne met en lumière les tensions autour de l’approche protectionniste portée par la France dans l’automobile. Cette stratégie, qui veut favoriser le fabriqué en Europe pour les véhicules électriques, suscite de fortes inquiétudes chez plusieurs États membres et chez le Royaume‑Uni, post‑Brexit, qui redoute d’être marginalisé économiquement.

Où on en est

La montée des véhicules électriques chinois sur le marché européen fait craindre une dépendance plus forte aux chaînes d’approvisionnement étrangères, explique Auto Plus. Pour y répondre, l’UE a déjà instauré des droits de douane sur certains produits chinois pour protéger ses industries locales. L’objectif reste clair : limiter l’influence chinoise et encourager l’émergence de champions industriels capables de rivaliser à l’échelle mondiale. Mais la pression pour accroître la production locale heurte des positions divergentes au sein de l’Europe et ceux du Royaume‑Uni.

Pour contrer cette dynamique, une mesure européenne a été proposée : imposer aux constructeurs automobiles d’utiliser 70 % de composants produits en Europe pour que leurs véhicules puissent bénéficier des aides gouvernementales. En deçà de ce seuil, l’accès aux subventions publiques serait fortement restreint.

Où se placent les pays

France : défendre l’industrie européenne

La France pousse pour une règle stricte, réservant les fonds publics aux entreprises qui fabriquent majoritairement en Europe. Le ministère de l’Industrie affirme que le Brexit légitime cette priorité en faveur des sociétés européennes. Cette ligne vise à renforcer la souveraineté industrielle en diminuant la dépendance extérieure, en tirant les leçons des tensions géopolitiques passées, notamment sous la présidence de Donald Trump.

Royaume‑Uni : protéger ses intérêts économiques

Depuis quelque temps, Londres s’oppose aux dispositions qui pourraient exclure les entreprises britanniques des marchés publics stratégiques de l’UE. La chancelière Rachel Reeves a mis en garde contre un virage protectionniste qui risquerait d’affaiblir le marché européen dans son ensemble, appelant à une coopération industrielle renforcée avec des partenaires proches. Peter Kyle, le secrétaire au Commerce, partage cet avis. Il souligne que plusieurs pays européens, inquiets des effets d’une ligne trop restrictive, refusent un tel changement.

Trouver le bon équilibre

Le Royaume‑Uni cible des pays comme l’Allemagne, l’Italie et les Pays‑Bas pour former un « front modéré », ces économies ayant des industries automobiles très intégrées à l’international. La Pologne, la Suède et la Finlande, qui redoutent une hausse des coûts, favorisent aussi une approche plus ouverte. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, rappelle qu’il faut trouver un équilibre pour éviter un protectionnisme trop marqué.

Laisser un commentaire