L’association Antoine Alléno annonce déposer une action en justice contre les fabricants du protoxyde d’azote. Motif : pratiques déloyales. Ce gaz est détourné, mais la conduite sous son emprise reste très dangereuse.
L’Association Antoine Alléno attaque les fabricants de protoxyde d’azote
L’association Antoine Alléno annonce une action judiciaire visant l’entreprise Cream Deluxe, impliquée dans la fabrication et la commercialisation de protoxyde d’azote. Ce gaz, légalement utilisé dans l’industrie alimentaire et médicale, est désormais au cœur de nombreuses préoccupations de sécurité publique, notamment en raison de son usage récréatif détourné. Dans un contexte de multiplication des accidents et d’inquiétude croissante des autorités, cette procédure marque une étape majeure dans la lutte contre ce phénomène. L’association, créée après la mort tragique d’Antoine Alléno, percuté mortellement par un conducteur sans permis et alcoolisé en 2022, entend s’attaquer directement aux acteurs industriels du secteur.
Ainsi, l’association a assigné la marque devant le tribunal judiciaire de Paris pour pratiques commerciales trompeuses. Elle est accusée de promouvoir indirectement l’usage récréatif du protoxyde d’azote. Pour l’association Antoine Alléno, le cœur du problème réside dans la stratégie marketing de ces entreprises. « Cette action de groupe va nous permettre d’attaquer les producteurs de protoxyde d’azote qui utilisent des biais de communication trompeurs auprès de nos jeunes », a déclaré Yannick Alléno. Une prise de position forte qui souligne la volonté de responsabiliser toute la chaîne de distribution.
Dans cette optique, l’association réclame notamment la cessation des activités de ces entreprises sur le territoire français, ainsi qu’une indemnisation à hauteur de 25 000 euros pour couvrir les frais de justice. Une somme symbolique face à un enjeu bien plus large : faire évoluer les pratiques industrielles.
Protoxyde d’azote : des chiffres alarmants et un enjeu routier majeur
Le dossier du protoxyde d’azote dépasse largement le cadre sanitaire. Il s’impose désormais comme un véritable sujet de sécurité routière. En 2025, 450 accidents graves ont été recensés en lien avec la consommation de ce gaz. Plus frappant encore, ce chiffre a été multiplié par 40 en seulement six ans, révélant une progression fulgurante du phénomène.
Les effets du protoxyde d’azote sur les conducteurs sont particulièrement préoccupants. Troubles neurologiques, perte de coordination, altération des réflexes : autant de facteurs incompatibles avec la conduite automobile. « Le protoxyde d’azote a des effets importants sur la santé publique : des jeunes perdent la mobilité, il y a des brûlures, des accidents », alerte Yannick Alléno.
Dans ce contexte, les autorités observent une recrudescence des comportements à risque sur les routes. L’usage du protoxyde d’azote, souvent associé à des soirées festives, se transpose désormais dans des situations de conduite, aggravant le risque d’accidents graves.
Face à cette situation, le cadre législatif tente de s’adapter. Depuis 2021, la vente de contenants de protoxyde d’azote de plus de 8,6 grammes est interdite aux particuliers en France. Une mesure qui visait à limiter l’accès aux bonbonnes de grande capacité, largement utilisées dans les usages détournés. Cependant, ces restrictions montrent aujourd’hui leurs limites. Le protoxyde d’azote n’est toujours pas classé comme stupéfiant, ce qui complique la mise en œuvre de sanctions pénales strictes. Ce flou juridique alimente les critiques et renforce la pression sur les pouvoirs publics.






