Après l’arrêt des travaux de l’A69 entre Castres et Toulouse, le dossier revient sur le devant de la scène judiciaire. La justice vient de débuter l’examen du recours de l’État. Les associations environnementales, opposées au projet, maintiennent la pression.
La justice débute l’examen du recours de l’État concernant l’A69
La cour administrative d’appel de Toulouse vient d’entamer l’examen d’un recours déterminant concernant l’autoroute A69. Pour rappel, ce projet d’autoroute de 53 kilomètres entre Castres et Verfeil est suspendu depuis le 27 février 2025, à la suite de l’annulation de son autorisation environnementale. Ce chantier, décrié ou défendu avec vigueur, est revenu devant les juges sous la forme d’une demande de « sursis à exécution » portée par l’État. En jeu : la reprise immédiate des travaux. En ligne de mire : une décision attendue d’ici une dizaine de jours.
Sur le banc des promoteurs : le ministère des Transports, les collectivités territoriales, le concessionnaire Atosca et le groupe de BTP NGE. Leur credo ? L’urgence de redémarrer une infrastructure jugée « essentielle ». Dans sa prise de position, le rapporteur public donne le ton : favorable au sursis, il avance des « arguments sérieux » contre la décision de première instance et évoque des « conséquences difficilement réparables » en cas de maintien de l’arrêt.
Pour l’État, c’est une aubaine. Son représentant insiste sur la nécessité de « ne pas geler indéfiniment » un projet censé désenclaver le Sud-Tarn. De leur côté, les collectivités invoquent des engagements financiers et politiques. Atosca, futur gestionnaire de l’A69, brandit l’investissement menacé. Et NGE, maître d’œuvre, ne mâche pas ses mots : « 87 personnes licenciées, 17 millions d’euros de surcoût ».
Castres, vraiment isolée ? Le contre-récit des opposants
Mais la contre-offensive ne tarde pas. D’un ton calme, Me Terrasse rappelle que le jugement de février repose sur une annulation fondée et méticuleuse. « On veut une autoroute de confort. Castres n’est pas un territoire enclavé. Cette autoroute n’est pas obligatoire. La raison impérative d’intérêt public majeur n’est pas prouvée. »
D’ailleurs, le dossier ne se joue pas uniquement devant le tribunal. Une proposition de loi portée par la majorité sénatoriale vise à faire reconnaître la liaison Castres-Toulouse comme projet d’intérêt public majeur. Votée au Sénat, elle arrive en commission à l’Assemblée nationale. La manœuvre est limpide : verrouiller le dossier par le haut si la justice venait à confirmer l’annulation. Un passage en force, selon les opposants.

