Renault diversifie son activité et se lance dans les drones militaires

Renault fait évoluer son savoir-faire automobile vers la Défense en s’alliant à Turgis Gaillard pour développer un drone tactique produit en France.

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Renault fait évoluer son savoir-faire automobile vers la Défense en s’alliant à Turgis Gaillard pour développer un drone tactique produit en France. Turgis Gaillard
Renault fait évoluer son savoir-faire automobile vers la Défense en s’alliant à Turgis Gaillard pour développer un drone tactique produit en France. Turgis Gaillard | L'Automobiliste

Le constructeur Renault franchit une étape inattendue : adapter ses plateformes industrielles et ses compétences moteurs au développement d’un drone militaire. Grâce à un partenariat stratégique avec Turgis Gaillard et un contrat du ministère des Armées, le groupe automobile explore un marché en pleine mutation.

Renault met son savoir-faire industriel au service d’un drone tactique

Renault avance depuis plusieurs années sur des chantiers de transformation industrielle. Mais jamais le groupe n’avait franchi un pas aussi décisif hors de son cœur de métier. Sollicité par le ministère des Armées, Renault participe désormais à l’édification d’une filière française de drones tactiques. L’information, révélée initialement par L’Usine Nouvelle, a surpris le secteur automobile comme celui de la Défense.

Ce changement s’appuie sur une logique simple : le marché des drones exige des capacités de production massives, des coûts maîtrisés et une robustesse éprouvée. Trois domaines où Renault dispose d’une expertise historique. En rejoignant Turgis Gaillard, spécialiste français des équipements militaires, le constructeur entend apporter sa culture de l’industrialisation à grande échelle, habituellement appliquée à ses moteurs et véhicules utilitaires.

La stratégie retenue repose sur l’utilisation d’infrastructures déjà existantes. Les moteurs du futur drone – un modèle diesel M9 – devraient être produits dans l’usine normande de Cléon, habituée à des volumes annuels dépassant les centaines de milliers d’unités. L’assemblage des structures pourrait être assuré par le site du Mans, spécialisé dans les châssis automobiles.

Pour Renault, cette nouvelle orientation représente l’occasion de valoriser des compétences souvent associées à la voiture thermique : durabilité mécanique, optimisation des chaînes d’assemblage, automatisation des ateliers. En intégrant une production liée à la Défense, l’entreprise ouvre aussi une piste de diversification susceptible de stabiliser son modèle économique.

Une alliance pensée pour répondre à un marché en mutation

Afin de structurer cette initiative, Renault et Turgis Gaillard prévoient de créer une entité commune baptisée Chorus. L’ensemble du programme sera encadré par la Direction générale de l’armement, garantissant un pilotage conforme aux besoins opérationnels des forces françaises. Le contrat, d’un montant initial de 35 millions d’euros, pourrait générer jusqu’à un milliard d’euros de revenus sur dix ans pour Renault.

L’objectif industriel est ambitieux : atteindre une cadence d’environ 600 drones tactiques produits chaque mois. Une exigence inhabituelle pour un programme militaire, mais qui correspond précisément à la logique automobile de production en série, où la répétabilité et le contrôle qualité sont centraux.

Le marché international du drone connaît une dynamique rapide. Des acteurs historiques comme Thales, KNDS ou MBDA cohabitent désormais avec une nouvelle génération d’entreprises, dont Helsing, EOS Technologie ou Destinus. Turgis Gaillard, partenaire de Renault, figure justement parmi ces sociétés capables de proposer des systèmes agiles et adaptables.

L’entrée de Renault apporte un profil encore inédit : un industriel habitué à optimiser les coûts de production, à fiabiliser les chaînes logistiques et à concevoir des moteurs standardisés. Dans un contexte où les drones tactiques sont souvent détruits lors de leur engagement, le prix unitaire devient un enjeu déterminant. La combinaison du savoir-faire automobile et des technologies de Défense pourrait donc devenir un atout stratégique.

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