Fin des moteurs thermiques : le Sénat s’inquiète d’un crash pour l’industrie automobile

Alors que l’Union européenne maintient son cap vers la fin des ventes de voitures à moteur en 2035, un rapport du Sénat français tire la sonnette d’alarme. Selon les parlementaires, la transition risque d’entraîner un véritable « crash industriel » pour la filière automobile, déjà fragilisée par la mutation vers l’électrique.

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Fin des moteurs thermiques : le Sénat s’inquiète d’un crash pour l’industrie automobile © L'Automobiliste

Publié mi-octobre 2025, le rapport du Sénat met en lumière les conséquences économiques et sociales du basculement vers la fin du moteur en Europe. Ce document rappelle l’objectif européen : interdire la vente de voitures neuves à moteur thermique dès 2035, afin d’accélérer la décarbonation du secteur automobile. Mais pour les rapporteurs, cette échéance, trop rigide, pourrait bouleverser des centaines de milliers d’emplois et fragiliser durablement l’industrie française du moteur.

La fin des moteurs thermiques en Europe programmée pour 2035

L’Union européenne a acté en 2023 l’interdiction des ventes de véhicules neufs à moteur thermique — essence, diesel et hybrides — à partir de 2035. Cette mesure vise la neutralité carbone, un pilier du Pacte vert européen. Selon la Commission, seuls les véhicules émettant zéro gramme de CO₂ par kilomètre pourront être immatriculés à cette date. L’objectif est ambitieux : réduire les émissions du transport routier, responsable de près de 20 % des rejets européens.

Cependant, l’unanimité s’effrite. Plusieurs États, dont l’Allemagne, l’Italie et désormais la France, réclament une révision du calendrier. Le 12 septembre 2025, Ursula von der Leyen a accepté d’avancer la clause de revoyure du texte pour examiner d’éventuelles flexibilités, sans toucher à la date butoir. Selon Le Monde, cette ouverture viserait à intégrer des véhicules hybrides rechargeables ou utilisant des carburants synthétiques, désormais considérés comme des solutions de transition.

La pression vient aussi des constructeurs. Oliver Zipse, PDG de BMW, a qualifié le plan 2035 de « grosse erreur », estimant qu’« il néglige les émissions globales de la chaîne de production », souligne Reuters. Le patron de Mercedes a lui aussi réclamé un « reality check » face à une réglementation jugée déconnectée du marché. En parallèle, l’ACEA, l’association européenne des constructeurs automobiles, plaide pour reconnaître les carburants neutres en carbone et accorder des crédits supplémentaires pour les petits véhicules électriques, rappelle le Financial Times.

Le rapport du Sénat : vers une crise majeure dans l’industrie automobile ?

Le Sénat français partage ces inquiétudes. Dans son rapport adopté le 15 octobre 2025, la commission des affaires économiques décrit une industrie en « crise profonde ». Son rapporteur, le sénateur Alain Cadec, résume : « On va vers un crash si rien n’est fait », rapporte BFMTV. Le document recense près de 800 000 emplois concernés : environ 350 000 chez les constructeurs et 450 000 chez les équipementiers et sous-traitants.

Selon Public Sénat, les sénateurs ont formulé 18 mesures d’urgence, dont : imposer un contenu local de 80 % pour les véhicules produits en Europe (hors batteries), flécher les aides publiques vers la production de petits modèles abordables et instaurer un diagnostic obligatoire de batterie pour le marché de l’occasion. Le rapport recommande aussi de repousser la date de 2035 afin de « laisser à la filière le temps d’absorber le choc ». Derrière cette alerte, c’est la compétitivité industrielle qui préoccupe. Le Sénat constate que la France dépend massivement de composants importés, notamment de Chine, pour la fabrication de batteries et de pièces critiques.

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