Un conducteur de voiture électrique a reçu une facture particulièrement élevée après une recharge effectuée à l’étranger.
Le 25 décembre 2024, lors d’un voyage en Espagne, un automobiliste britannique a rechargé sa voiture électrique via une carte d’opérateur tiers. Quelques jours plus tard, il a constaté un second débit bien plus élevé que prévu, sans avoir relancé de recharge. Cette situation, actuellement examinée en justice, soulève des questions sur la coordination entre exploitants de bornes et opérateurs de mobilité.
Une recharge électrique classique, suivie d’une facturation inattendue
L’affaire commence comme n’importe quelle session de recharge : John Stephen, résident de Charente-Maritime, branche sa MG4 sur une borne accessible via le réseau Shell Recharge, dans un parking à Madrid. La session est correctement validée, et le tarif appliqué correspond à une recharge de 18,88 kWh pour un montant de 71,77 euros. Rien d’anormal à ce stade pour un service en roaming (itinérance).
Mais quelques jours plus tard, le conducteur de voiture électrique reçoit une seconde facture de 1 124 euros, facturant une nouvelle session, cette fois de 10 kWh. La différence de prix s’explique par des « frais de connexion » très élevés, représentant à eux seuls 925 euros. D’après la facturation, cette seconde recharge aurait démarré le même jour, mais à un horaire différent, alors que l’usager affirme ne pas être à proximité de la borne à ce moment-là.
Un litige technique sur fond de mauvaise communication
Cette double facturation soulève des interrogations sur le fonctionnement précis de la borne, mais aussi sur la gestion des sessions dites « orphelines » : lorsqu’une session reste ouverte par erreur, ou redémarre sans validation manuelle. Ces cas, bien que minoritaires dans l’ensemble des recharges réalisées en Europe, existent et peuvent entraîner des erreurs tarifaires importantes.
Face à cette situation, l’usager engage une série de démarches : contact par e-mail au service client de l’opérateur, puis courrier recommandé envoyé à l’adresse du siège européen. Ces tentatives ne produisent aucun retour. Lorsqu’il parvient finalement à joindre un agent par téléphone, ce dernier reconnaît que le montant est inhabituel mais indique qu’aucune correction n’est possible à son niveau.
Une procédure judiciaire engagée et une carte désactivée
Ne parvenant pas à obtenir gain de cause, l’usager dépose plainte auprès du tribunal des petites créances de sa commune. Par mesure de précaution, il choisit aussi de désactiver sa carte Shell Recharge. Depuis, il a opté pour une recharge à domicile via une borne privée alimentée par panneaux solaires, ce qui lui garantit une meilleure maîtrise des coûts et du service.
À ce jour, l’opérateur n’a ni remboursé la somme contestée, ni publié de communication officielle sur ce dossier. L’affaire suit son cours, sans qu’on sache encore si une médiation pourra aboutir.
Comprendre les enjeux derrière ce type d’incident
Le cas de John Stephen n’est pas représentatif de la majorité des sessions de recharge de voitures électriques effectuées en itinérance, mais il attire l’attention sur une faille possible dans le système : l’absence de contrôle utilisateur sur la fermeture réelle d’une session, surtout lorsqu’elle est déclenchée à distance via une carte RFID ou une application.
Les réseaux de recharge en itinérance permettent aujourd’hui à des millions d’usagers de circuler sans restriction d’opérateur. Cette mutualisation technique repose sur des accords entre fournisseurs de services de mobilité (MSP) et gestionnaires d’infrastructures (CPO). Mais cette interconnexion peut aussi générer des erreurs si les données échangées sont mal interprétées.
Un autre point clé concerne la transparence tarifaire. Si la plupart des opérateurs affichent des grilles de prix avant activation, la présence de frais variables (notamment en cas de dépassement de durée, d’occupation prolongée, ou de surcharge réseau) peut compliquer la prévisibilité des coûts finaux pour l’utilisateur.
Bonnes pratiques à retenir pour les automobilistes
L’incident rapporté montre l’intérêt d’adopter quelques réflexes simples lors des recharges de voitures électriques en déplacement, en particulier à l’étranger :
- S’assurer que la session est bien clôturée à la fin de la recharge
- Suivre les notifications en temps réel via l’application liée à la carte
- Conserver tous les justificatifs de stationnement et de trajet
- Préférer, lorsque c’est possible, des réseaux disposant d’une assistance localisée
Ces précautions ne garantissent pas l’absence de litige, mais peuvent faciliter le traitement d’un dossier en cas de désaccord.






