Le secteur automobile français est une fois de plus confronté à une fermeture d’usine. La décision de Ligier de cesser les activités de son site en Vendée illustre la désindustrialisation croissante dans un secteur stratégique, sous pression de la concurrence internationale et des bouleversements économiques.
Le 13 janvier 2025, Ligier a annoncé la fermeture de son usine de Montaigu, en Vendée, entraînant la suppression de 126 emplois. Cette décision, qualifiée de difficile par la direction, reflète une crise plus large qui secoue l’industrie automobile française. La montée en puissance de groupes comme Stellantis, conjuguée à des défis structurels, met à rude épreuve les constructeurs historiques. Quelles sont les causes de cette fermeture, et que révèle-t-elle du déclin industriel en France ?
Des licenciements massifs
L’usine de Montaigu, où Ligier produisait des voitures sans permis depuis les années 1970, fermera définitivement ses portes. Ce site, employant 141 personnes, ne laissera que 15 postes maintenus, la majorité de la production étant relocalisée à Abrest, dans l’Allier.
Selon François Ligier, président de l’entreprise, cette décision s’explique par des frais généraux trop élevés pour un site à faible rendement. Cependant, les syndicats, à l’instar de Gilles Chaillou (CFDT), dénoncent une « faute stratégique » et pointent du doigt une concurrence déloyale.
Stellantis : acteur clé du bouleversement
Le géant Stellantis, formé de la fusion PSA-FCA, a envahi le marché des voitures sans permis avec des modèles attractifs comme la Citroën Ami. Cette incursion a profondément fragilisé des constructeurs historiques comme Ligier, incapables de rivaliser sur les coûts de production et la capacité d’innovation.
La fabrication hors Europe par Stellantis exacerbe cet écart, offrant des modèles à des prix bien inférieurs. Stellantis bénéficie également de sa capacité à produire à grande échelle, ce qui lui permet de négocier des coûts plus bas auprès de ses fournisseurs et d’investir massivement notamment dans des campagnes marketing.
L’intégration de technologies avancées dans ses modèles, couplée à une stratégie agressive de pénétration des marchés urbains, a rapidement séduit une clientèle jeune et citadine. Face à cette offensive, des entreprises comme Ligier peinent à suivre, prises en étau entre des coûts de production élevés et un positionnement sur un segment devenu ultra-concurrentiel.
Le bilan national : douze fermetures pour une seule ouverture
Selon le baromètre industriel publié en 2024, le secteur automobile français a enregistré 12 fermetures d’usines pour une seule ouverture au premier semestre. Les équipementiers, qui fournissent 85 % des composants des véhicules assemblés en France, sont particulièrement touchés.
Entre 2022 et 2024, le pays a perdu 50 000 emplois dans ce secteur.
Quel avenir pour l’industrie automobile française ?
Ligier espère compenser ses pertes en misant sur le haut de gamme et les marchés internationaux. Mais le défi est immense . Rester compétitif nécessite des investissements massifs en innovation technologique et écologique, des domaines où la France accuse un retard par rapport à ses concurrents étrangers.
La fermeture de l’usine Ligier en Vendée n’est pas un fait isolé . Elle symbolise les failles d’un système industriel à bout de souffle. Tandis que les grands groupes comme Stellantis prospèrent grâce à des stratégies internationales agressives, les acteurs locaux peinent à s’adapter.
Sans une politique industrielle et commerciale ambitieuse, la France risque de perdre non seulement des emplois, mais aussi sa souveraineté industrielle.




Encore un titre biaisé.
Ligier ferme son usine parce qu’il n’a pas sûr la rendre compétitive face à la concurrence de Stellantis. Dans tous les cas Stellantis n’est pas responsable de cette situation.