Carburants : un recul mesuré mais confirmé des prix à la pompe

La baisse actuelle des prix des carburants à la pompe découle directement de l’évolution des cours du pétrole brut.

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Carburants : un recul mesuré mais confirmé des prix à la pompe © L'Automobiliste

Dans un contexte marqué par des fluctuations brutales du pétrole brut, les automobilistes français constatent une baisse tangible des prix à la pompe. Ce ralentissement, amorcé depuis plusieurs semaines, semble bien se confirmer.

Prix des carburants : Un recul progressif mais significatif à la pompe

Le prix des carburants vendus en station-service connaît une décrue continue depuis la fin de l’hiver. Au 11 avril 2025, les chiffres communiqués par le ministère de la Transition énergétique confirment la tendance :

  • Gazole : 1,5749 euro par litre
  • Sans-plomb 95-E10 : 1,6802 euro par litre
  • Sans-plomb 95 : 1,7192 euro par litre
  • Sans-plomb 98 : 1,7864 euro par litre

Ces niveaux représentent une baisse de près de 10 centimes en un mois pour certains carburants. À titre de comparaison, le gazole s’affichait autour de 1,65 euro début mars, contre plus de 1,85 euro en janvier. Selon les relevés hebdomadaires publiés par la plateforme prix-carburants.gouv.fr, le prix moyen du litre de diesel n’avait pas été aussi bas depuis l’été 2021. Les produits essence suivent une courbe parallèle, avec un rythme de décélération légèrement plus lent.

L’impact direct de la chute du prix du pétrole brut en Bourse

La baisse actuelle découle directement de l’évolution des cours du pétrole brut. Entre février et avril, le marché a subi une correction marquée, portée par deux leviers conjoints :

  1. Surabondance de l’offre : l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a annoncé le 3 mars une augmentation progressive de sa production. À partir d’avril, 120 000 barils supplémentaires sont injectés chaque jour, chaque mois, sur une période de 18 mois. L’objectif : alléger les restrictions instaurées en 2022.
  2. Ralentissement anticipé de la demande : la relance d’une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, initiée début avril par des droits de douane sur les produits chinois, a provoqué des doutes sur la croissance économique mondiale. Les marchés pétroliers ont immédiatement ajusté leurs anticipations.

Des prix encore loin des seuils pré-Covid

La baisse est réelle, mais relative. À la fin de l’année 2019, le litre de diesel oscillait autour de 1,48 euro, contre 1,5749 euro aujourd’hui. Même tendance pour les essences, qui se négociaient alors entre 1,52 et 1,65 euro selon les indices relevés.

Les niveaux actuels restent donc supérieurs de 5 à 10 % aux prix d’avant-crise. Un écart qui s’explique en partie par une pression fiscale constante. En effet, les taxes représentent toujours environ 60 % du prix final, selon les données du ministère de l’Économie (TICPE et TVA comprises). La part du pétrole brut dans la composition du prix final reste faible : 30 à 35 % en moyenne, ce qui réduit mécaniquement l’impact des fluctuations sur les prix affichés à la pompe.

À court terme, la tendance reste orientée à la baisse, avec une stabilisation probable au niveau actuel pendant plusieurs semaines, sous réserve de stabilité du baril. L’INSEE note par ailleurs que les prix de l’énergie ont baissé de 5,8 % en février 2025 sur un an, participant à la modération de l’inflation (INSEE, mars 2025).

En revanche, toute reprise de la demande, ou une décision de réduction de production de l’OPEP+, pourrait inverser le mouvement dès le début de l’été.

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