La question de l’orientation du guidon au moment du stationnement n’est pas aussi simple qu’on le croit. Même si on apprend souvent en auto‑école de tourner le guidon vers la gauche, cette règle n’est pas universelle sur le terrain. L’orientation du guidon joue sur la stabilité et la sécurité de la moto, notamment pour des modèles de type 125 cm³.
Ce qu’on vous apprend en auto‑école
Dès l’apprentissage, on vous habitue à tourner le guidon vers la gauche après avoir posé la moto sur la béquille latérale. L’idée principale est de stabiliser la moto en verrouillant le Neiman (le verrou de direction), souvent conçu pour cette position. La béquille latérale étant à gauche, le centre de gravité bascule vers l’intérieur, ce qui aide à limiter le basculement.
Les constructeurs, comme Honda, Suzuki et Yamaha, conçoivent leurs systèmes de verrouillage en tenant compte de cette position, ce qui renforce la réglementation des motards. Reste la question : pourquoi certaines motos (par exemple celles de la police ou de la gendarmerie) sont-elles parfois garées avec le guidon tourné à droite ?
Quand tourner à droite peut aider
On observe que certaines motos hautes, tout‑terrain, trails et grosses GT, sont garées avec le guidon tourné à droite. Des modèles comme la BMW R1300GS, la Honda Africa Twin et la Yamaha Ténéré ont une garde au sol importante et des selles souvent situées à plus de 850 mm. Pour des pilotes de taille moyenne ou inférieure, tourner le guidon à droite puis freiner légèrement de l’avant provoque une compression de la fourche : le siège descend alors de 2 à 3 cm, ce qui facilite l’accès à la selle, explique Caradisiac.
Avantages pratiques et risques de la manœuvre
Pour des modèles comme le Fantic Caballero, le Zontes 125 Scrambler X ou le Honda CB125X, orienter le guidon à droite peut vraiment aider à monter sans faire le « grand écart ». En revanche, la manœuvre a des inconvénients. Stationner avec le guidon tourné à droite change la stabilité statique de la moto : sur un sol incliné vers la droite, le risque de basculement augmente. De plus, le Neiman ne peut souvent pas être verrouillé dans cette position, ce qui rend la moto plus vulnérable au vol, surtout sur un parking public.
Mieux vaut réserver cette technique aux terrains parfaitement plats, comme un parking souterrain, et ne l’utiliser que pour des arrêts courts. Des dispositifs antivol supplémentaires, tels qu’un antivol en U ou un bloque‑disque, deviennent alors indispensables pour compenser l’absence de verrouillage du guidon.

