Récemment, un malentendu autour d’une loi toute neuve en Slovaquie a mis le feu aux poudres et divisé l’opinion. Adoptée par le parlement slovaque le 28 octobre, cette réglementation fixe une « vitesse de marche » maximale de 6 km/h pour certains usagers des trottoirs. Mais, contrairement aux premières interprétations, ce n’est pas une limitation pour les piétons eux-mêmes.
Pourquoi on a besoin d’éclaircissements
C’est Lubomir Vazny, ancien ministre des Transports et député, qui est intervenu pour mettre fin à la confusion. Il affirme qu’il n’y aura pas de limite de vitesse imposée aux simples piétons. En fait, cette mesure cible uniquement d’autres usagers des trottoirs, comme les skateurs, les conducteurs de trottinettes, les e-rollers et les cyclistes. Le but affiché est de garantir la sécurité routière des piétons en demandant aux autres de rouler à une allure proche de celle d’un marcheur.
La loi sera effective à partir du 1er janvier 2026 et vise à réduire le nombre d’accidents impliquant piétons et ces autres usagers. Pour mémoire, l’année dernière, en Slovaquie, on a compté 67 piétons tués dans des accidents, ainsi que 22 cyclistes ou utilisateurs de trottinettes.
Ce que pense le public
L’annonce de cette loi a d’abord déclenché un flot de blagues et de réactions mitigées sur Internet. Entre radars imaginaires pour piétons et mèmes amusants partagés sur les réseaux, la polémique ne manquait pas. D’autres, en revanche, se sont vexés de ce qu’ils voient comme une restriction de plus imposée par le gouvernement.
Parmi les voix dissidentes, Dan Kollar, le président de la Cyklokoalicia, relève qu’il sera difficile pour certains, notamment les enfants, de se conformer à une vitesse aussi basse sans perdre l’équilibre. Il craint que cela ne pousse dès le plus jeune âge à bafouer la loi.
De son côté, le collectif « Mères inquiètes » s’oppose fermement à cette mesure et demande au président Peter Pellegrini de ne pas la signer. Elles redoutent des répercussions sur la sécurité des enfants qui pourraient se retrouver sanctionnés pour avoir dépassé cette limite.
Un climat politique déjà chargé
La polémique s’inscrit dans une atmosphère politique tendue, depuis le retour au pouvoir du Premier ministre Robert Fico en 2023. Plusieurs amendements législatifs introduits depuis cette date ont remis en cause certains droits, ce qui a contribué à alimenter le mécontentement d’une partie de la population.
Même si le parlement slovaque a validé cette loi, plusieurs questions pratiques restent en suspens, notamment la conformité légale des mesures prises. Par exemple, on ne sait pas encore comment la vitesse sera contrôlée ni quelles sanctions seront appliquées en cas de non-respect.






