Le 12 novembre 2025, Toyota a ouvert officiellement son premier site américain de production de batteries à Liberty, en Caroline du Nord. Avec cette inauguration, Toyota annonce un investissement additionnel de 10 milliards de dollars destiné à renforcer ses infrastructures de production aux États-Unis. L’entreprise japonaise s’impose ainsi comme un acteur clé de la transition énergétique du secteur automobile, misant sur l’expansion de sa filière batterie-usine pour soutenir la croissance de ses véhicules électrifiés.
Une usine de batteries qui marque un tournant industriel pour Toyota
Cette usine, baptisée Toyota Battery Manufacturing North Carolina (TBMNC), symbolise l’un des plus importants projets industriels de Toyota sur le territoire américain. Installé sur un vaste terrain de 748 hectares, le site représente un investissement cumulé de 13,9 milliards de dollars, selon le communiqué officiel de Toyota. Il prévoit la création de plus de 5 000 emplois directs et une capacité de production pouvant atteindre 30 gigawatt-heures par an à pleine activité.
Cette usine de batteries alimentera plusieurs modèles hybrides et électriques, dont la Camry HEV, la Corolla Cross HEV et un futur SUV trois-rangées 100 % électrique. « Au cours des cinq prochaines années, nous prévoyons un investissement supplémentaire de 10 milliards de dollars aux États-Unis afin de renforcer nos capacités de production », a déclaré le président de Toyota North America, Ted Ogawa.
En parallèle, cet investissement reflète la stratégie de long terme du constructeur, centrée sur une approche multi-voies, combinant technologies hybrides, électriques à batterie et hydrogène. Cette orientation vise à maintenir la flexibilité de l’offre et à répondre à la diversité des marchés, tout en réduisant les émissions de CO₂.
Les raisons d’un tel engagement aux États-Unis
L’engagement de 10 milliards de dollars aux États-Unis s’explique à la fois par des considérations économiques, technologiques et politiques. D’une part, Toyota cherche à sécuriser son approvisionnement en batteries, un élément devenu stratégique pour l’ensemble de l’industrie automobile. D’autre part, l’entreprise entend bénéficier des incitations fiscales prévues par l’Inflation Reduction Act (IRA), qui favorise la production domestique de composants pour véhicules électriques.
Selon le communiqué du groupe, cet investissement permettra également de renforcer la compétitivité de Toyota face à ses rivaux américains et asiatiques. Le constructeur vise ainsi à réduire ses coûts logistiques, à développer des chaînes d’approvisionnement locales et à améliorer la durabilité de ses processus industriels.
Au-delà de l’aspect purement industriel, cette nouvelle implantation illustre la volonté de Toyota de s’ancrer plus profondément dans le paysage économique américain. L’entreprise, déjà dotée de dix usines aux États-Unis, fait de la Caroline du Nord un centre stratégique de sa production énergétique.
Retombées économiques et impact sur la filière batterie américaine
L’usine TBMNC va transformer l’économie régionale. Selon les estimations de Toyota, plus de 5 000 postes directs seront créés, sans compter les milliers d’emplois indirects générés dans la chaîne logistique et les services associés, indique le Financial Times. L’État de Caroline du Nord, engagé dans une politique d’attraction des industries vertes, a soutenu activement ce projet par des incitations fiscales et des programmes de formation professionnelle.
À l’échelle du secteur, cet investissement positionne Toyota comme un acteur de premier plan dans la production de batteries sur le marché américain, capable de rivaliser avec les géants asiatiques et américains. Il renforce également la filière locale des matériaux, de la chimie et de l’ingénierie, indispensable pour bâtir un écosystème complet de fabrication de batteries.
L’impact ne se limite pas aux États-Unis : en adoptant cette stratégie de production intégrée, Toyota s’offre un levier de compétitivité mondial. Le constructeur mise sur l’industrialisation régionale pour stabiliser ses coûts, réduire les risques liés aux tensions commerciales et accélérer la diffusion de ses modèles électrifiés.






