Renault, un des poids lourds de l’automobile, vient de revoir ses ambitions en matière de véhicules électriques. Au départ, le constructeur voulait passer complètement au tout électrique d’ici début 2030, mais il a décidé de décaler cet objectif à une date ultérieure. Cette décision arrive alors que le marché n’est pas encore prêt à délaisser totalement les véhicules thermiques, malgré les aides en place et les préoccupations environnementales grandissantes.
Une stratégie tournée vers l’avenir
Même si le but a été repoussé, Renault reste pleinement engagé dans l’électrification. Le groupe consacre 80 % de ses investissements à la prochaine génération de voitures électriques, qui devrait faire son entrée en 2028. L’idée, c’est de réduire de 40 % le prix des modèles du segment C, comme la Scénic et la Mégane. Pour y arriver, Renault mise sur des innovations telles que des batteries sans cobalt et des moteurs fonctionnant sans terres rares pour éviter une flambée du prix des véhicules électriques.
Guido Haak, le responsable des programmes chez Renault, a précisé que la marque ne lancera plus de nouveaux véhicules à moteur thermique. Les modèles actuels resteront disponibles, mais il n’est plus question de développer de nouvelles plateformes pour l’essence ou le diesel. Selon lui, « la demande montre qu’on a encore besoin des voitures à essence, pour diverses raisons, notamment politiques » dit-il lors d’une interview accordée à La Tribuna de Automoción.
La situation sur le marché
Le marché automobile traverse une phase de transition avec plusieurs obstacles à l’adoption des véhicules électriques. Même avec toutes les incitations pour adopter les véhicules électriques, leurs ventes peinent à décoller. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène :
- des infrastructures de recharge encore insuffisantes,
- une autonomie limitée des batteries
- et des coûts d’achat qui restent supérieurs à ceux des véhicules thermiques.
Face à ces défis, Renault révise sa feuille de route, bien que le constructeur vise à devenir 100 % électrique à terme, en s’appuyant sur une production électrique accrue.
Innovations pour booster l’électrique
Renault investit massivement dans des technologies qui pourraient bien transformer le paysage de l’électrique. Par exemple, les nouvelles batteries sans cobalt combinent la densité énergétique des chimies NCM (nickel-cobalt-manganèse) aux avantages en termes de coût et de sécurité des batteries LFP (lithium-fer-phosphate). En parallèle, en partenariat avec Valeo, Renault travaille sur des moteurs sans terres rares, qui consomment seulement 12 kWh/100 km, rendant l’électrique plus économique à l’usage.
De plus, l’architecture électrique passera à 800 volts, ce qui va considérablement réduire le temps de recharge : il faudra seulement 15 minutes pour passer de 15 % à 80 % de charge.


