La dynamique du marché hybride européen a changé de cap début 2025. Pour la première fois, Stellantis surpasse Toyota sur ce segment stratégique. Mais cette percée pourrait être de courte durée pour le groupe franco-italo-américain.
Une stratégie offensive payante pour Stellantis
Au premier trimestre 2025, Stellantis a enregistré 194 858 immatriculations de véhicules hybrides en Europe, contre 130 000 pour Toyota, selon les données du cabinet Inovev, relayées par Les Échos et Le Futé. Ce résultat propulse Stellantis à la tête du segment hybride européen, position jusqu’alors occupée par le constructeur japonais. Ce renversement s’appuie sur une montée en cadence marquée, inédite à cette échelle pour le groupe.
L’écart repose sur une stratégie de déploiement accéléré : 26 modèles hybrides ont été lancés en un an, principalement dotés de motorisations 48V. Entre 2023 et le début 2025, la part des ventes hybrides dans le mix européen de Stellantis est passée de 12 % à 22 %(Les Echos – Le Futé). Cette progression rapide témoigne d’un recentrage industriel assumé sur les segments électrifiés à faible coût d’intégration.
Un avantage menacé par la règlementation européenne
L’appareil industriel européen accompagne cette dynamique. À Metz, Stellantis produit ses boîtes de vitesses électrifiées eDCT, avec une capacité annuelle annoncée de 1,2 million d’unités (Les Échos, 13 mai 2025). À cela s’ajoute la relance prévue de la Fiat 500 hybride à Mirafiori, en novembre 2025, pour répondre à la stagnation des ventes de la version électrique (EcoloAuto, 10 mai 2025).
Mais cette progression pourrait ne pas s’inscrire dans la durée. Contrairement à l’hybride complet HSD de Toyota, reconnu comme tel par les réglementations européennes, l’hybride léger 48V de Stellantis ne bénéficie pas de la même reconnaissance dans plusieurs États membres… un comble. Cette classification partielle limite de facto l’accès à certains dispositifs publics, notamment les aides à l’achat et les avantages fiscaux. À l’horizon 2030, la réglementation imposera aux véhicules neufs une moyenne d’émissions inférieure à 100 g de CO₂/km. Autrement dit, cette réglementation contraindra Stellantis à adapter sa production future afin de se conformer aux exigences européennes.

