« Tu croyais t’en tirer comme ça ? Je contrôle ta voiture. » Cette phrase, prononcée par Enrico Pucci et rapportée dans un document de police cité par The Guardian, résume l’emprise que cet Australien de 50 ans a exercée sur son ex-compagne en prenant le contrôle à distance de sa Tesla. Un tribunal l’a condamné pour ce harcèlement mercredi 2 septembre 2026.
Les faits remontent à novembre 2025, un mois seulement après la séparation du couple. La victime, une habitante de Sydney, avait quitté Enrico Pucci sans se douter que cette rupture ne mettrait pas fin à son emprise.
Un accès resté actif après la rupture
Enrico Pucci n’avait rien piraté au sens strict. Lorsqu’ils vivaient encore ensemble, sa compagne avait rencontré des difficultés avec les fonctions technologiques de son véhicule. Il lui avait proposé son aide, expliquant qu’il devait enregistrer la voiture à son nom pour utiliser l’application Tesla et l’assister.
Elle avait accepté dans ce seul but, selon les documents judiciaires. Après leur séparation, il a gardé cet accès et s’en est servi pour la harceler.
Une nuit, l’alarme de la Tesla retentit à plusieurs reprises. Terrorisée à l’idée que son ex-conjoint s’en prenne à son véhicule, la victime n’ose pas sortir. Le lendemain, la voiture est intacte, mais un mystérieux profil de contrôle parental, auquel elle n’a aucun accès, est apparu sur le tableau de bord.
Trois jours plus tard, Enrico Pucci la suit en voiture et l’interpelle au sujet d’un homme qu’elle fréquente, avant de lui révéler qu’il contrôle son véhicule.
Entre le 6 et le 12 novembre 2025, il fait varier la température de l’habitacle d’un extrême à l’autre, sans qu’elle puisse intervenir. Il verrouille aussi la voiture à distance et active à plusieurs reprises le mode voiturier, réduisant brutalement la vitesse à 40 km/h.
Selon les documents de police, cela a causé d’importants problèmes de sécurité lorsqu’elle circulait sur la route. Il tente également, à sept reprises, de déconnecter le véhicule de sa borne de recharge.
La victime a porté plainte, évoquant selon la police « un stress important, un préjudice psychologique et des craintes pour sa sécurité physique » lorsqu’elle conduisait sa propre voiture.
Le détournement de l’application Tesla n’était qu’un moyen parmi d’autres utilisés par Enrico Pucci pour dominer sa compagne pendant près de quatre ans, a estimé la justice. Devant le tribunal, il a plaidé coupable de 30 infractions liées aux violences conjugales : harcèlement, agression, étranglement et menaces de mort.
Le juge Peter Feather a qualifié l’ensemble de ces agissements de conduite « coercitive et de contrôle », décrivant un « schéma comportemental conçu pour asseoir le pouvoir et obtenir l’obéissance ».
Enrico Pucci a été condamné à 2 ans et 3 mois de prison, dont 15 mois incompressibles pendant lesquels il ne pourra prétendre à aucune libération conditionnelle. Il a fait appel de cette peine et doit de nouveau comparaître devant la justice australienne fin octobre 2026.






