Cette nouvelle obligation de 15% de plastique recyclé dans les voitures divise l’opinion entre constructeurs et associations environnementales

Chaque année, un million de voitures quittent l’Europe avec des matériaux qui manquent cruellement ici. Le Parlement européen vient de changer la donne avec une nouvelle règle sur le plastique recyclé automobile.

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Cette nouvelle obligation de 15% de plastique recyclé dans les voitures divise l'opinion entre constructeurs et associations environnementales
Cette nouvelle obligation de 15% de plastique recyclé dans les voitures divise l’opinion entre constructeurs et associations environnementales © L'Automobiliste

Selon Economie Matin, les voitures vendues en Europe devront bientôt contenir une part croissante de plastique recyclé. Le Parlement européen a adopté, le 17 juin 2026 à Strasbourg, un règlement sur la circularité du secteur automobile, par 437 voix pour, 112 contre et 20 abstentions. Le texte instaure des objectifs contraignants qui s’appliqueront progressivement aux véhicules neufs, de leur conception jusqu’à leur traitement en fin de vie.

Présentée comme une mesure d’économie circulaire, la réforme a nécessité de longs mois de négociations avec l’industrie automobile. Elle doit réduire la dépendance de l’Union aux matières premières vierges tout en donnant un débouché industriel au plastique recyclé, une matière aujourd’hui largement perdue une fois les véhicules démontés.

Un compromis en deçà des ambitions de la Commission

Le Parlement et les Vingt-Sept se sont montrés moins ambitieux que la Commission européenne, qui espérait imposer 25 % de plastique recyclé dans les six ans. Le compromis final retient un seuil de 15 % six ans après l’entrée en vigueur du règlement, puis de 25 % dix ans après. Au moins 20 % de ces plastiques recyclés devront provenir du recyclage en boucle fermée, c’est-à-dire de matériaux récupérés directement sur des véhicules hors d’usage.

Ce compromis a mûri par étapes. Le Conseil de l’Union européenne avait validé le principe d’un objectif obligatoire dès juin 2025. Un accord politique entre les deux institutions a fixé les seuils définitifs en décembre 2025, avant le vote final à Strasbourg.

Un secteur parmi les plus gourmands en ressources d’Europe

La fabrication automobile compte, selon Bruxelles, parmi les industries les plus gourmandes en ressources du continent : elle représente 10 % de la consommation totale de plastique de l’Union et 19 % de la demande de la filière sidérurgique européenne. En 2023, 14,8 millions de véhicules à moteur sont sortis des usines de l’Union.

En face, environ 6,5 millions de véhicules arrivent chaque année en fin de vie, mais une part importante n’est jamais réintroduite dans la fabrication automobile après recyclage. Le règlement veut inverser cette logique en faisant des voitures hors d’usage une source stratégique de matières premières secondaires.

Selon la fiche transmise par le Parlement, 3,5 millions d’épaves seraient envoyées chaque année hors de l’Union. L’élue Groen, Sara Matthieu a rappelé que près d’un million de véhicules d’occasion quittent chaque année l’Europe par le port d’Anvers, en direction de l’Afrique de l’Ouest, avec des matériaux « dont nous avons un besoin criant ici et qui entrainent une pollution importante en Afrique ».

Elle y voit un double bénéfice : « Avec cette loi, nous diminuons notre dépendance en matière de matériaux, nous créons des emplois pour les recycleurs flamands et nous misons sur la ré-utilisation. »

Trois ans après l’entrée en vigueur du règlement, les constructeurs devront couvrir eux-mêmes les coûts de collecte et de traitement des véhicules en fin de vie, au nom du principe de responsabilité élargie des producteurs. Ils devront aussi revoir leurs processus de conception, leurs chaînes d’approvisionnement et leurs méthodes de validation des matériaux, le plastique automobile devant répondre à des exigences strictes de sécurité, de résistance thermique et de durabilité.

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