Tesla ouvre ses Gigafactories aux start-up pour la première fois : les ingénieurs n’en reviennent pas, production de masse prévue dès 2027

Tesla ouvre enfin les portes fermées de ses Gigafactories aux start-up. Une occasion rare de tester des innovations en conditions réelles, avant la production de masse prévue en 2027.

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Tesla ouvre ses Gigafactories aux start-up pour la première fois : les ingénieurs n'en reviennent pas, production de masse prévue dès 2027
Tesla ouvre ses Gigafactories aux start-up pour la première fois : les ingénieurs n’en reviennent pas, production de masse prévue dès 2027 © L'Automobiliste

Tesla lance un appel à projets inédit pour sa Gigafactory de Berlin-Brandebourg, en Allemagne. Baptisé Cell Giga Challenge, ce programme invite des jeunes entreprises spécialisées dans les technologies de batteries à tester leurs innovations directement sur les futures lignes de production de cellules du site. Une démarche qui tranche avec la culture historique du constructeur, réputé pour développer ses technologies en interne et rester discret sur ses méthodes.

Un programme inédit pour attirer les start-up

Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 24 juillet. Contrairement à un appel à projets de recherche classique, Tesla ne cherche pas de concepts théoriques mais des solutions applicables immédiatement : nouveaux matériaux, équipements industriels, automatisation, procédés de fabrication ou intelligence artificielle. Les dossiers passeront par une phase de sélection, plusieurs entretiens techniques, puis une présentation devant les équipes de Tesla. Les projets retenus pourront intégrer un pilote industriel rémunéré au sein de l’usine allemande.

Pour les start-up choisies, l’occasion est rare : les lignes de production d’une Gigafactory restent en principe fermées aux acteurs extérieurs dans l’industrie automobile. Pour Tesla, l’enjeu est de repérer vite des technologies capables d’améliorer la qualité, la cadence, la sécurité ou les coûts, avant le lancement de la production de masse prévu en 2027.

Un investissement qui grimpe à Grünheide

Le programme accompagne la relance des ambitions de Tesla sur la fabrication de cellules à Grünheide. Le constructeur a investi 250 millions de dollars dans ce site pour y produire des batteries à partir de 2027. En mai, il a relevé son objectif de capacité annuelle de 8 à 18 GWh, avec 250 millions de dollars supplémentaires : l’enveloppe totale atteint désormais environ 350 millions de dollars. À ce niveau, l’usine pourrait fournir les batteries nécessaires à 250 000 à 350 000 véhicules par an.

Les versions circulant sur ce dossier divergent sensiblement. Selon Reuters, Tesla prépare plutôt le site pour une capacité pouvant atteindre 8 GWh par an dès 2027, « sous réserve que les conditions économiques et réglementaires le permettent », avec un investissement total avoisinant 1 milliard d’euros.

Une autre source évoque un investissement de 250 millions de dollars créant plus de 1 500 emplois, pour une production de 18 GWh de cellules 4680, dans la perspective d’atteindre le million de véhicules fabriqués sur le site.

Le responsable de l’usine, André Thierig, a confirmé l’annonce sur X, le 12 mai : « Aujourd’hui, nous avons annoncé un investissement de 250 millions de dollars pour notre usine de cellules Giga Berlin. Cela permettra une production annuelle de 18 GWh de cellules 4680 et créera plus de 1 500 nouveaux emplois. »

La veille, en republiant l’annonce des 750 000 véhicules produits, il écrivait : « On se rapproche du premier million de voitures produites à Giga Berlin ! Nous augmentons la production prochainement pour y arriver aussi vite qu’humainement possible ! »

Tesla a postulé à des subventions couvrant jusqu’à 30 % du projet, jugé stratégique en Europe. Produire des cellules en Allemagne permettrait aussi de répondre au Critical Raw Materials Act, qui impose qu’une part croissante de la valeur des batteries soit réalisée sur le sol européen d’ici 2030.

Les 4680, un talon d’Achille industriel

La fabrication des cellules 4680 n’a jamais été un long fleuve tranquille pour Tesla, entre coûts, rendements et montée en cadence difficiles à stabiliser. Le constructeur s’appuie encore sur des fournisseurs externes comme LG Energy et Panasonic. L’ouverture aux start-up ressemble à une reconnaissance implicite que l’industrialisation à grande échelle reste un problème non résolu, notamment en raison du coût de réparation des véhicules électriques.

L’assemblage des packs de batteries à Giga Berlin, lui, vient tout juste de reprendre après un incendie survenu en août dans la zone d’assemblage. Plusieurs centaines de cellules avaient été détruites, sans aucun blessé. Tesla a depuis reconfiguré l’installation avec de nouveaux équipements. Thierig a décrit, lors d’un événement interne rapporté par Handelsblatt, l’usine d’assemblage de packs la plus automatisée de tout le groupe Tesla dans le monde.

Autre changement notable : les packs assemblés à Berlin utilisaient jusqu’ici des cellules provenant de CATL et LG Energy Solution. Les nouveaux modèles intègrent désormais des cellules 4680 fabriquées par Tesla et expédiées depuis Giga Texas. Les Model Y produites à Berlin seront donc bientôt livrées en Europe avec les propres cellules du constructeur, même si Tesla n’a pas précisé quelles variantes en bénéficieront en premier.

Le projet avait été mis en pause en 2022, Tesla préférant alors investir aux États-Unis où les subventions étaient plus favorables.

Une industrie automobile allemande en difficulté

Thierig évoque « une bonne nouvelle en ces temps difficiles pour l’industrie allemande ». Le secteur manufacturier traverse en effet une période compliquée : Volkswagen Group a vu son bénéfice opérationnel reculer de 14,3 % au premier trimestre, entre droits de douane américains et concurrence chinoise, et a reconnu que ses mesures d’économies n’avaient pas suffi.

Porsche a de son côté confirmé la fermeture de trois filiales (Cellforce Group, Porsche eBike Performance et Cetitec), soit environ 500 suppressions d’emplois.

Le marché électrique européen, lui, continue de progresser : selon l’ACEA, les véhicules électriques à batterie ont représenté 19,4 % des parts de marché de l’UE au premier trimestre, contre 15,2 % un an plus tôt, avec 546 937 nouvelles immatriculations. En Allemagne, la hausse atteint 41,3 % sur le trimestre. Les hybrides restent toutefois le choix le plus populaire des consommateurs européens, avec 38,6 % du marché.

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