Quinze ans après son départ, la Dodge Charger revient en Europe avec un pari audacieux
La Dodge Charger s’apprête à retrouver les routes européennes après plus de quinze années d’absence. Cette huitième génération de la légendaire muscle car américaine célèbre ses soixante ans en franchissant l’Atlantique avec une stratégie inédite : proposer simultanément des motorisations thermiques et électriques. Un pari audacieux pour Stellantis, qui cherche de nouveaux débouchés alors que les ventes s’effondrent outre-Atlantique.
Cette icône américaine, qui a marqué l’imaginaire collectif à travers le cinéma et la culture populaire, entame ainsi un nouveau chapitre de son histoire. Stellantis mise sur cette voiture pour conquérir un marché européen en pleine mutation énergétique.
KW Automotive orchestrera la reconquête européenne
KW Automotive, basée à Bremerhaven, pilote cette offensive européenne. Cette société distribue déjà les pick-ups RAM du groupe Stellantis via dix concessions françaises. L’ajout de la Dodge Charger à son catalogue s’inscrit dans une logique d’extension naturelle de son portefeuille de véhicules américains.
Le déploiement s’effectuera progressivement à travers quatre versions qui incarnent la volonté de Dodge de réconcilier tradition et modernité. Cette approche multi-énergies traduit une adaptation pragmatique aux exigences du marché européen, où les normes environnementales strictes coexistent avec l’attrait persistant pour les motorisations performantes.
Quatre déclinaisons entre héritage thermique et révolution électrique
La gamme thermique abandonne définitivement les mythiques V8 au profit du bloc « Hurricane », un 3,0 litres biturbo six cylindres développant 420 chevaux en version d’entrée ou 550 chevaux pour la variante Scat Pack High Output. Ce changement radical marque une rupture avec l’ADN historique de la Charger, longtemps synonyme de gros V8 rugissants.
Les versions électriques Daytona exploitent la plateforme STLA Large avec une batterie de 100,5 kWh alimentant deux moteurs électriques. La puissance s’étale de 503 chevaux (370 kW) pour la R/T à 640 chevaux (500 kW) pour la Scat Pack, toutes équipées de série d’une transmission intégrale. L’autonomie pourrait atteindre 640 kilomètres pour la version d’accès selon les premières estimations.
Les ingénieurs ont développé l’échappement Fratzonic Chambered, qui reproduit artificiellement le rugissement caractéristique des muscle cars, ainsi qu’un système PowerShot offrant 40 chevaux supplémentaires à la demande.
Un calendrier d’arrivée encore incertain
Malgré l’annonce officielle, plusieurs inconnues demeurent. Les homologations européennes étant toujours en cours, ni la date exacte de commercialisation ni les tarifs européens ne sont connus. Cette incertitude contraste avec l’urgence commerciale qui pousse Stellantis à diversifier géographiquement les débouchés de son modèle phare.
Le processus d’homologation via KW Automotive laisse présager de premières livraisons à l’horizon 2027. Ce délai s’explique par la complexité des procédures de certification européennes, particulièrement exigeantes. Les observateurs du secteur estiment que les tarifs européens pourraient frôler 100 000 euros pour les versions électriques, positionnant la Dodge Charger sur un segment premium restreint.

