La fraude au compteur kilométrique sur les voitures d’occasion préoccupe beaucoup les acheteurs et les autorités en Europe. Avec des pertes estimées à 1,15 milliard d’euros par an en France, cette pratique malveillante n’affecte pas seulement le porte‑monnaie des consommateurs, elle pose aussi des questions sur la sécurité routière. L’Union européenne prépare une proposition ambitieuse qui pourrait rendre cette fraude quasi impossible en renforçant les obligations d’enregistrement des relevés kilométriques.
Un fléau qui pèse sur les consommateurs et l’économie
En France, la fraude au compteur concernerait entre 3 % et 6 % des voitures d’occasion, d’après Carvertical et Carly, deux spécialistes du diagnostic automobile cités dans un reportage TF1. Rien qu’en 2025, 2,5 % des véhicules contrôlés avaient un compteur falsifié. La méthode courante consiste à retirer en moyenne plus de 70 000 kilomètres du compteur, ce qui permet aux escrocs d’augmenter le prix de vente de 44,5 % par rapport à la valeur réelle de la voiture.
Autrefois, les revendeurs peu scrupuleux démontaient le tableau de bord avec un tournevis. Aujourd’hui, les techniques se sont sophistiquées : on trouve des dispositifs électroniques et des logiciels, comme des boîtiers OBD (prise OBD, pour On‑Board Diagnostics), et des bloqueurs de compteur kilométrique. Par exemple, le dispositif « SFKspeed », fabriqué en Allemagne, s’installe discrètement entre le capteur de vitesse et le tableau de bord, rendant la fraude presque indétectable.
L’Europe serre la vis
Face à ce constat, l’Union européenne a décidé d’agir. En avril 2025, la Commission européenne a proposé un cadre législatif qui rendrait obligatoire l’enregistrement automatique et systématique des relevés kilométriques pour tous les véhicules particuliers. Si cette initiative est adoptée, falsifier les kilomètres deviendrait beaucoup plus compliqué, puisque les données de parcours seraient consignées de façon stricte.
Concrètement, les centres de contrôle technique devront enregistrer les kilométrages lors des visites périodiques. Les réparateurs agréés auront l’obligation de le faire à chaque entretien ou réparation. Les constructeurs, eux, transmettront les données des véhicules connectés tous les trois mois. De plus, les États membres pourront étendre ces obligations à d’autres acteurs, comme les garages indépendants, les assureurs et les loueurs de véhicules.






