Mobilités urbaines : le vrai danger des batteries au lithium

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Mobilités urbaines : le vrai danger des batteries au lithium | L'Automobiliste

Elles devaient révolutionner nos déplacements. Et pourtant, elles inquiètent de plus en plus.
À Reims, une trottinette électrique en charge a explosé dans un appartement. Quatre morts. Une tragédie qui questionne sérieusement la sécurité des mobilités douces, dopées par les batteries au lithium.

Trottinettes, vélos : quand l’électrique vire au drame

Dans la nuit du 6 au 7 juin 2025, une trottinette a déclenché un incendie dans un immeuble à Reims. Quatre personnes ont perdu la vie, dont deux adolescents. Le procureur François Schneider a confirmé l’origine : « Une batterie de trottinette entreposée dans un appartement ». En cause : une technologie pourtant censée porter l’avenir de la mobilité urbaine.
Les batteries lithium-ion sont devenues omniprésentes dans les transports du quotidien. Trottinettes, vélos, scooters… Même combat. Mais derrière la promesse d’un transport propre, silencieux et pratique, un danger sourd grandit : celui de l’emballement thermique, un phénomène explosif.

Ce n’est pas une anecdote. Les chiffres parlent. Entre 2017 et 2024, les incendies dus à des batteries lithium ont été multipliés par six en France, selon la Fondation Maif pour la Recherche. Chaque mois ou presque, un vélo ou une trottinette prend feu dans un logement, un garage, ou même sur la voie publique.
Ces incendies sont violents, brutaux, et très difficiles à éteindre. « Les cellules s’auto-entretiennent lorsqu’elles brûlent, ce qui explique la violence et la rapidité de propagation », explique le procureur de Reims. L’Inéris ajoute : « La réaction thermique est auto-alimentée, avec dégagement de gaz inflammables et hautement toxiques. » Résultat : des flammes en quelques secondes, et souvent des blessures ou des pertes humaines.

Mobilité douce, sécurité molle ?

Ce paradoxe inquiète. La trottinette électrique, icône de la mobilité douce, devient une source de stress. Mais le danger n’est pas tant dans l’objet que dans son usage. Philippe Masseau, spécialiste du vélo électrique, met en garde : « Il faut être très attentionné et minutieux. Ne pas la faire tomber, attendre qu’elle refroidisse avant de la recharger, et surtout, ne jamais la charger la nuit. ».
La sécurité passe aussi par la qualité. Un chargeur non certifié, un appareil premier prix, un branchement improvisé dans un couloir, et l’équation vire au drame. « Ne rechargez jamais à proximité de la seule porte de sortie », avertissent les pompiers des Yvelines. Ce sont des gestes simples, mais vitaux.

Les batteries mal entretenues ou en fin de vie sont un autre piège. Trop souvent jetées dans des poubelles inadaptées, elles provoquent des incendies dans les centres de tri, comme celui de Triglaz à Brest fin mars 2025. La seule voie responsable : les déposer dans un point de collecte dédié.
Les mobilités douces resteront un pilier de l’urbanisme de demain
. Mais elles ne seront crédibles que si elles intègrent des règles de sécurité strictes, connues du public et appliquées sans faille. La prévention, aujourd’hui, est encore trop discrète. Pourtant, c’est elle qui évitera les prochains drames.

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