Polestar affiche une perte trimestrielle record à cause des tarifs douaniers

Polestar affiche une perte record de 1,03 milliard de dollars au T2 2025, plombée par les tarifs douaniers et la dépréciation du Polestar 3, malgré des ventes en hausse.

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Polestar creuse sa perte trimestrielle sous l’effet des tarifs douaniers
Polestar affiche une perte trimestrielle record à cause des tarifs douaniers © L'Automobiliste

Polestar a dévoilé, le 3 septembre des résultats financiers en forte dégradation, confirmant l’impact des tarifs douaniers sur son activité mondiale. Le fabricant de véhicules électriques, coté aux États-Unis, a vu sa perte nette grimper à 1,03 milliard de dollars au deuxième trimestre, contre 268 millions de dollars un an plus tôt. Un recul qui s’explique par la fragilité de Polestar face à l’intensification de la concurrence et à la pression tarifaire internationale.

Tarifs douaniers et pression sur le Polestar 3

Polestar a vu ses comptes plombés par une lourde charge d’impairment sur son SUV Polestar 3. L’entreprise a réduit la valeur recouvrable de ce modèle à seulement 25 millions de dollars, ce qui a généré une dépréciation de 739 millions de dollars, a rapporté Reuters. Cette décision traduit la difficulté à vendre un véhicule fabriqué en Chine, frappé de plein fouet par les tarifs douaniers renforcés aux États-Unis et en Europe. Le marché américain, clé pour la marque, reste particulièrement hostile aux importations chinoises.

La conséquence est immédiate, les ventes de Polestar aux États-Unis ont chuté de 56 % au deuxième trimestre. Face à cette situation, la direction a insisté sur sa prudence. « Nous ne croîtrons pas à tout prix aux États-Unis, car l’exposition financière serait alors trop élevée », a prévenu Polestar dans un communiqué relayé par Reuters. La marque n’entend pas se lancer dans une guerre des prix destructrice sur le sol américain, préférant protéger ses marges plutôt que gagner artificiellement des parts de marché.

Ventes mondiales en hausse, mais action en chute

Malgré la lourde perte, les livraisons mondiales ont progressé de 38 %, atteignant environ 18 049 véhicules. Cette hausse résulte principalement de la demande en Europe, marché « domestique » du constructeur où les modèles Polestar 4 et Polestar 3 représentent respectivement près de la moitié et environ 20 % des ventes.

L’Europe concentre désormais 75 % des immatriculations, reflet d’un basculement stratégique loin des États-Unis. Mais les investisseurs ont réagi violemment aux résultats. Le titre Polestar coté à New York a plongé de 11 % après la publication du 3 septembre. L’analyste Garrett Nelson, de CFRA Research, a résumé la crainte des marchés : « Nous pensons que leur principal problème sera la demande en véhicules électriques en l’absence de subventions, combinée à une faible liquidité », a-t-il déclaré à Reuters.

Polestar souffre à la fois d’une demande moins soutenue que prévu en l’absence de subventions et d’un matelas financier limité. Cette inquiétude est renforcée par l’évolution de la trésorerie. Les réserves de liquidités sont passées de 732 millions de dollars à la fin du premier trimestre à 719 millions de dollars fin juin, un niveau jugé fragile au regard des investissements nécessaires. Seule éclaircie, en juin, Polestar a bénéficié d’un apport de 200 millions de dollars par PSD Investment, véhicule d’investissement du fondateur de Geely, Li Shufu. Cet appui traduit le soutien continu du principal actionnaire chinois, mais il souligne aussi la dépendance financière de la marque.

Stratégie européenne et délocalisation de la production

Consciente des risques liés aux tarifs douaniers, Polestar cherche à adapter son outil industriel. L’entreprise a confirmé que son futur SUV Polestar 7 serait produit en Slovaquie à partir de 2028, une décision stratégique destinée à contourner les barrières douanières frappant les véhicules fabriqués en Chine, selon Reuters. En s’installant au cœur de l’Europe, le constructeur espère sécuriser l’accès à son marché principal et réduire ses coûts logistiques. Cette réorientation n’efface pas les difficultés à court terme. Le Polestar 3, censé incarner le haut de gamme de la marque, souffre d’un positionnement tarifaire délicat.

Avec des consommateurs américains qui se tournent vers des modèles hybrides ou thermiques moins onéreux, la marque peine à défendre ses marges. En Europe, la concurrence de Tesla, BYD ou encore Volkswagen accentue également la pression. Néanmoins, Polestar mise sur la différenciation stylistique et technologique pour préserver son attractivité. À plus long terme, la stratégie pourrait payer. L’implantation européenne vise non seulement à réduire l’exposition aux tarifs douaniers, mais aussi à consolider l’image de Polestar comme marque premium scandinave. Reste que la viabilité financière dépendra de sa capacité à contenir ses pertes dans un environnement où la guerre des prix fait rage et où la demande mondiale pour les véhicules électriques demeure volatile.

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