Automobile : 74 % des Français la considèrent désormais comme un luxe

74 % des Français voient l’automobile comme un luxe, face à la flambée des prix des véhicules neufs et à la baisse des ventes depuis plusieurs années.

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Automobile : 74 % des Français la considèrent désormais comme un luxe
Automobile : 74 % des Français la considèrent désormais comme un luxe © L'Automobiliste

Un sondage publié par l’assureur Leocare, repris notamment par Caradisiac indique que 74 % des Français considèrent aujourd’hui l’automobile comme un luxe. Le prix moyen d’une voiture neuve dépasse 35 000 euros, et les ventes de véhicules particuliers reculent depuis plusieurs années. L’automobile, pourtant essentielle pour une majorité de ménages, devient de plus en plus difficile à assumer.

La flambée des prix, moteur d’un sentiment de luxe

Depuis quatre ans, la hausse du prix des voitures neuves est spectaculaire. Selon L’Argus, le tarif catalogue a bondi de 6 765 euros TTC entre 2020 et 2024, soit une progression de 24 %. Environ la moitié de cette inflation découle directement des stratégies commerciales des constructeurs, qui privilégient des modèles plus rentables et mieux équipés. Le reste s’explique par la hausse des matières premières, des coûts énergétiques et des contraintes réglementaires.

TF1 Info souligne également que le prix moyen est passé de 28 000 à 35 000 euros en quatre ans, soit près de 7 000 euros supplémentaires. Les équipements obligatoires, de plus en plus nombreux, ajoutés à l’intégration de technologies électroniques sophistiquées, ont renchéri la facture. Pour les particuliers, cette spirale place l’automobile hors de portée, surtout dans un contexte d’inflation généralisée.

Des Français contraints de revoir leur rapport à la voiture

Ce glissement se traduit dans les comportements. Selon Caradisiac, 50 % des Français déclarent avoir renoncé à acheter ou remplacer un véhicule faute de moyens. Le prix moyen de l’occasion, repassé sous les 20 000 euros, reste encore trop élevé pour de nombreux ménages. L’âge moyen du parc automobile reflète cette tendance, plus de 11 ans en 2024, contre un peu plus de 10 ans en 2017. Par ailleurs, les arbitrages budgétaires deviennent visibles.

Toujours selon le sondage relayé par Caradisiac, 36 % des Français estiment que l’entretien et les réparations pèsent le plus lourd dans leur budget automobile, suivis du carburant (25 %) et du financement ou achat du véhicule (24 %). Face à cette pression, 42 % ont réduit leurs trajets quotidiens, 32 % ont reporté ou annulé un entretien non urgent, et près de 15 % effectuent eux-mêmes certaines réparations. Ces chiffres confirment un recul de l’usage et de l’entretien, révélateur du poids financier croissant.

Une dépendance toujours forte malgré des alternatives limitées

Pour autant, l’automobile conserve une place centrale dans la vie quotidienne. Caradisiac rapporte que 63 % des Français la jugent indispensable, et 54 % n’imaginent pas s’en passer. Cette dépendance reste marquée, notamment dans les territoires peu desservis par les transports publics. Si 44 % évoquent les transports en commun comme alternative et 27 % les mobilités douces, un tiers des sondés admettent ne disposer d’aucune option crédible. Ce décalage entre coût croissant et nécessité d’usage accentue les tensions.

Les statistiques officielles confirment la tendance, selon le ministère de la Transition écologique, les immatriculations de voitures neuves ont chuté de 3,4 % en 2024 par rapport à 2023, et de 22,3 % par rapport à 2019. En parallèle, l’Insee note que les intentions d’achat reculent particulièrement chez les jeunes et les ménages urbains, signe que la voiture se déconnecte des habitudes de consommation d’une partie de la population.

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