À Échassières, dans l’Allier, la société Imerys va bientôt exploiter une mine de lithium, un minerai essentiel à la production de voitures électriques. Pour donner un coup de boost au projet, l’État accorde un crédit d’impôt de 200 millions d’euros.
Le projet de mine de lithium d’Imerys avance
Le ministre Marc Ferracci s’est rendu à Échassières, dans l’Allier, pour annoncer officiellement l’octroi d’un crédit d’impôt « industrie verte » de 200 millions d’euros à l’entreprise Imerys. Ce projet de mine de lithium, baptisé EMILI, est présenté par le gouvernement comme un atout stratégique majeur pour la France. L’objectif affiché est clair : sécuriser l’approvisionnement national en lithium, métal essentiel aux batteries des véhicules électriques et à la transition énergétique.
Le site de Beauvoir, exploité par Imerys, suscite un intérêt croissant depuis que de nouvelles études ont confirmé l’ampleur exceptionnelle du gisement. Désormais, les réserves sont trois fois supérieures aux premières estimations, atteignant 373 millions de tonnes de roche contenant du lithium. Selon ces mêmes données, l’exploitation pourrait s’étendre sur près d’un demi-siècle, transformant durablement l’Allier en pilier de la souveraineté énergétique européenne.
Le projet EMILI vise une production de 34 000 tonnes d’hydroxyde de lithium par an, volume suffisant pour équiper environ 700 000 véhicules électriques. L’ambition affichée par l’État est de réduire la dépendance aux importations, alors que 90 % du lithium raffiné consommé en Europe provient aujourd’hui de Chine. Cette perspective confère au site un statut stratégique comparable à celui des grands bassins miniers qui ont marqué l’histoire industrielle française.
Un soutien public massif et des retombées économiques locales
L’État a décidé de soutenir fortement le projet, en octroyant 200 millions d’euros de crédit d’impôt, soit un quart de l’enveloppe totale de 800 millions d’euros réservée aux projets miniers. Cet appui financier vise à attirer des investisseurs privés et à sécuriser un investissement global estimé à 1 milliard d’euros.
Les retombées économiques attendues sont considérables. Imerys évoque la création de 500 à 600 emplois directs et de 1 000 emplois indirects. Ce projet pourrait devenir un moteur d’emploi pour l’Allier et renforcer l’attractivité d’un territoire souvent en quête de nouvelles dynamiques industrielles. L’État y voit donc une double opportunité : développer une filière nationale du lithium et revitaliser un bassin rural.
Un chantier titanesque aux enjeux environnementaux majeurs
Derrière les promesses économiques se cachent des défis considérables. Plus de 2 millions de tonnes de granit devront être extraites, avec une consommation annuelle supérieure à 1 million de m³ d’eau, l’utilisation de 50 millions de m³ de gaz, ainsi qu’une dépense énergétique évaluée à 446 GWh par an. Ces chiffres donnent la mesure d’un chantier sans équivalent en France depuis un demi-siècle.
Face aux inquiétudes locales, Imerys affirme vouloir limiter l’impact écologique. L’entreprise promet notamment une réduction de moitié des émissions de CO₂ par rapport aux standards observés dans d’autres mines de lithium. De plus, le gouvernement a classé le projet comme « d’intérêt national majeur », permettant certaines dérogations administratives tout en renforçant la surveillance environnementale. Reste la question des délais : la mine de lithium de l’Allier ne devrait être opérationnelle qu’en 2030.



