Le permis de conduire via le CPF touche à sa fin : des milliers de Français exclus du dispositif

La fin du financement du permis par le CPF pour la majorité des salariés approche.

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Le permis de conduire via le CPF touche à sa fin : des milliers de Français exclus du dispositif
Le permis de conduire via le CPF touche à sa fin : des milliers de Français exclus du dispositif © L'Automobiliste

Vendredi 23 janvier 2026, le gouvernement a annoncé par voie de presse, en s’appuyant sur l’article 49.3 de la Constitution française, l’arrêt du financement du permis de conduire par le Compte Personnel de Formation (CPF) pour la majorité des salariés. Selon le journal Nice Matin, cette décision s’inscrit dans le cadre du budget 2026 et vise à recentrer les aides vers des formations jugées plus pertinentes professionnellement. Le permis de conduire restera donc accessible via le CPF uniquement pour les demandeurs d’emploi, laissant de côté des milliers de travailleurs qui dépendent de leur voiture au quotidien.

Un virage budgétaire radical

Conformément aux discussions au Sénat, la décision émane d’un consensus transpartisan réunissant notamment les groupes socialiste, radical, et centriste. Parallèlement, l’aide de 500 euros destinée aux apprentis a été supprimée, ce qui inquiète fortement le secteur de la formation et de l’emploi.

Le permis de catégorie B, qui était la formation la plus demandée via le CPF depuis 2019, représentait près de 25 % des financements en 2023, pesant lourd dans le budget. Chaque année, environ 1,5 million de candidats passent par cette voie, et les frais en auto-école varient entre 1 500 € et 2 000 €. La mesure vise à réduire ce que l’État considère comme des charges jugées excessives, notamment en réévaluant la durée de validité des permis.

Les réactions ont été vives

La décision a suscité de nombreuses réactions, à commencer par l’association « 40 millions d’automobilistes », qui estime que « cette mesure frappe de plein fouet la France qui travaille, cotise, mais dépend de la voiture ». Des organisations comme la Fédération des auto-écoles nouvelle génération craignent une pénalisation renforcée des travailleurs des zones rurales et périurbaines, notamment les ouvriers, aides à domicile et intérimaires, pour qui l’absence de transport collectif adapté est un frein majeur.

Du côté des partisans de la restriction, on défend l’idée de recentrer le CPF sur des formations plus professionnalisantes et de maîtriser la dérive des dépenses publiques, en lien avec la réforme du permis de conduire. Selon eux, le permis de conduire était devenu une « variable d’ajustement budgétaire » coûteuse et non prioritaire face à d’autres besoins de formation professionnelle, en lien avec la fin du permis à vie.

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