Voitures électriques : Bercy envisage d’accélérer le leasing social

Le ministère de l’Économie envisage un retour du leasing social, dispositif clé pour démocratiser les voitures électriques. En effet, le leasing social, déjà expérimenté en 2024 et 2025, entre dans une nouvelle phase, portée par Bercy dans un contexte énergétique tendu et une volonté politique affirmée de transformer le parc automobile français.

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Voitures électriques : Bercy envisage d’accélérer le leasing social
Voitures électriques : Bercy envisage d’accélérer le leasing social © L'Automobiliste

Leasing social sur les voitures électriques : un dispositif déjà plébiscité

Le leasing social a déjà connu, en janvier dernier, un succès immédiat, « l’objectif de 50 000 nouveaux véhicules attribués a été atteint », comme indique le communiqué du gouvernement. Les données montrent une diffusion sociale ciblée. En effet, « 45% des bénéficiaires appartiennent aux trois premiers déciles de revenus », précise le même communiqué, tandis que « 55% des commandes sont destinées aux ménages ruraux ». Par conséquent, le leasing social apparaît comme un outil d’équité territoriale, notamment pour les zones dépendantes de la voiture. Par ailleurs, le succès du leasing social repose sur une promesse tarifaire forte. Les loyers débutent à environ 100 euros par mois, un seuil très inférieur au marché.

Le gouvernement rappelle d’ailleurs que « les offres proposées débutaient à 100 euros par mois », confirmant l’attractivité économique du dispositif. De plus, certaines offres restent sous la barre des 200 euros mensuels, selon Le Dauphiné Libéré, ce qui constitue un argument déterminant pour les ménages modestes. Enfin, le leasing social s’inscrit dans une logique industrielle. Selon Bercy, « 34 % des véhicules commandés sont fabriqués en France », ce qui renforce la souveraineté industrielle dans le secteur des voitures électriques. Ainsi, le dispositif agit à la fois sur la demande et sur la structuration de l’offre.

Bercy veut réitérer l’expérience

D’une part, Bercy entend amplifier le leasing social dans un contexte énergétique sous tension. La hausse des coûts du carburant agit comme un catalyseur, poussant le gouvernement à accélérer la transition vers les voitures électriques via le leasing social. Une orientation confirmée par les prises de parole récentes du ministère, comme le rapport BFM Business. D’autre part, cette accélération repose sur une structuration financière renouvelée. Le dispositif est désormais largement financé par les certificats d’économies d’énergie. Ainsi, l’aide publique peut atteindre jusqu’à 7 000 euros par véhicule selon les revenus, ce qui permet de maintenir des loyers bas malgré le coût des voitures électriques.

En complément, le bonus écologique peut atteindre 5 700 euros pour les ménages les plus modestes. Les objectifs pour 2026 confirment cette montée en puissance. Le gouvernement vise au moins 50 000 nouveaux bénéficiaires pour la prochaine édition, avec une enveloppe estimée à 390 millions d’euros, selon Roole Média. Ce montant marque une progression significative, traduisant la volonté d’ancrer durablement le leasing social dans le paysage automobile. Par ailleurs, le dispositif évolue dans ses modalités. Les critères d’éligibilité restent ciblés, avec un revenu fiscal de référence plafonné à 16 300 euros par part et un usage professionnel du véhicule requis. Toutefois, ces ajustements visent à mieux orienter le leasing social vers les publics les plus dépendants de la voiture.

Leasing social : vers une généralisation des voitures électriques accessibles

En premier lieu, le leasing social redéfinit l’accès aux voitures électriques. En permettant une location longue durée sans apport, il abaisse considérablement le coût d’entrée. Selon ENGIE, « le leasing social propose une LLD ou LOA sans apport initial, avec loyers plafonnés à 100 € pour une citadine ». Ainsi, il supprime un frein majeur à l’électrification du parc. Ensuite, la montée en puissance du leasing social traduit une transformation structurelle du marché automobile. En effet, plus de 100 000 ménages modestes ont déjà bénéficié du dispositif depuis son lancement, selon le ministère de l’Économie. Cette diffusion rapide témoigne d’un changement profond dans les modes d’acquisition des voitures électriques.

De plus, le dispositif contribue à orienter la demande vers des modèles spécifiques. Les constructeurs français, notamment Renault, Peugeot et Citroën, concentrent une large part des commandes. Selon Bercy, « plus des deux tiers des voitures commandées sont de marques françaises », ce qui renforce la compétitivité nationale. Enfin, le leasing social s’inscrit dans une stratégie globale de transition écologique. Comme l’a déclaré Roland Lescure, « la voiture électrique n’est pas réservée aux citadins et aux plus aisés, nous veillons à ce qu’elle soit accessible à tous, dans tous les territoires ». Une volonté politique de démocratiser durablement les voitures électriques via le leasing social.

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