Vol de voitures : pourquoi l’électrique est vingt fois moins ciblée

Même si les vols de véhicules ont reculé de 9 % en 2025, le spectre du vol reste vivace pour de nombreux automobilistes. Pourtant, une donnée étonnante change la donne, les voitures électriques sont vingt fois moins concernées par ce fléau que leurs homologues thermiques. Entre équipements numériques, contraintes logistiques et faible attractivité sur le marché noir, le véhicule branché semble incarner le nouveau cauchemar des voleurs.

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Vol de voitures : pourquoi l’électrique est vingt fois moins ciblée
Vol de voitures : pourquoi l’électrique est vingt fois moins ciblée © L'Automobiliste

Un phénomène en recul… mais encore préoccupant

Depuis janvier 2026, les derniers chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur montrent une amélioration globale. Les vols de véhicules motorisés ont reculé de 9 % en 2025 par rapport à l’année précédente. Malgré cette tendance rassurante, la question du vol continue d’alimenter les inquiétudes, notamment chez les propriétaires de modèles récents. Seulement 3 % des véhicules volés en 2025 étaient des voitures électriques. Un chiffre d’autant plus surprenant que ces véhicules représentent désormais une part croissante du marché.

L’écart est tel qu’il ne peut relever du hasard : « Les voitures électriques n’attirent pas les voleurs. Les véhicules dotés d’une batterie et de moteurs électriques sont vingt fois moins victimes de vols que leurs équivalents thermiques », peut-on lire dans un article publié par 01net. Ainsi, pour les assurés et les conducteurs soucieux de préserver leur bien, ce constat peut peser lourd dans la balance au moment du choix d’un véhicule. Le vol ne concerne plus toutes les motorisations de la même manière.

Pourquoi la voiture électrique attire moins les voleurs

Derrière cette disparité se cachent plusieurs explications techniques et économiques. D’abord, les voitures électriques sont pour la plupart plus récentes que les thermiques en circulation. Cela signifie qu’elles intègrent systématiquement des dispositifs électroniques avancés. Parmi eux : capteurs de localisation GPS, systèmes antivol embarqués, fonctions de verrouillage à distance, et communication permanente avec les serveurs du constructeur. Une prise de contrôle à distance est parfois possible en cas de vol, ce qui refroidit l’enthousiasme des malfrats. De plus, comme le rappelle Le Parisien dans un article du 9 février 2026, l’obligation de recharger régulièrement une voiture électrique complique la fuite post-vol. Un voleur n’a souvent pas accès aux moyens nécessaires pour effectuer une recharge rapide, surtout si la batterie est déjà basse au moment de l’infraction.

Sur le plan économique, le modèle de la voiture électrique ne se prête guère au démantèlement et à la revente en pièces détachées. Les moteurs, batteries et composants électroniques sont complexes, souvent marqués numériquement, et difficilement compatibles entre marques. Cela limite drastiquement les débouchés sur le marché noir. Les pièces de VE n’intéressent pas les circuits de revente parallèles, contrairement aux pare-chocs, optiques ou moteurs thermiques classiques. Enfin, comme l’indiquait Le Parisien, le parc électrique ne représente encore que 2 % à 3 % du total des voitures en circulation en 2026. Ce faible volume limite mécaniquement l’intérêt des bandes organisées qui ciblent des modèles recherchés, aisément revalorisables à l’étranger.

Le meilleur antivol reste… la batterie

Dans un environnement où les méthodes de vol deviennent toujours plus sophistiquées (duplication de clé sans contact, brouillage de signal ou piratage de l’électronique embarquée), la voiture électrique renverse la logique. Elle ne se contente pas de résister, elle dissuade. En effet, plusieurs experts en cybersécurité automobile interrogés par des médias spécialisés ont souligné que les constructeurs électriques sont en avance sur la protection numérique. Tesla, par exemple, propose une surveillance vidéo intégrée et un mode sentinelle activable à distance, ce qui a fortement limité les vols de Model 3, notamment aux États-Unis.

Même si ces fonctionnalités ne sont pas encore généralisées à tous les modèles, elles installent une culture de la protection active contre le vol. D’autre part, l’impossibilité de faire démarrer un moteur électrique sans l’interface logicielle autorisée, souvent liée au compte personnel du propriétaire, rend le piratage plus complexe qu’un simple branchement de fils. Les méthodes anciennes, comme le forçage de contact ou le vol avec violence, deviennent obsolètes. Le véhicule électrique pourrait ainsi inaugurer une nouvelle ère de sécurisation passive du parc automobile. La dissuasion ne tient plus à la lourdeur des dispositifs mécaniques, mais à l’interconnexion technologique.

Une tendance appelée à s’amplifier

Face à ces constats, les analystes anticipent une généralisation du phénomène. En effet, le vol de voitures thermiques, aujourd’hui encore majoritaire, pourrait se concentrer sur les modèles âgés, mal protégés ou très recherchés pour leurs pièces. Inversement, à mesure que les voitures électriques se démocratisent, leur résistance intrinsèque au vol pourrait renforcer leur attractivité.

D’autant plus que certaines compagnies d’assurance commencent à ajuster leurs primes à la baisse pour les propriétaires de véhicules électriques. La transition énergétique, d’abord motivée par des raisons écologiques et économiques, pourrait ainsi trouver un allié inattendu dans la lutte contre le vol automobile. Une motorisation propre… et plus sûre.

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