Avec l’arrivée massive des véhicules électriques, la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), souvent surnommée la « poule aux œufs d’or » pour l’État français, se retrouve fragilisée. Appliquée sur chaque litre de carburant vendu dans l’Hexagone, cette taxe représente aujourd’hui un revenu de 30 milliards d’euros par an, dont 17 milliards d’euros vont directement dans les caisses de Bercy. Pourtant, l’interdiction souhaitée par Bruxelles des véhicules thermiques neufs d’ici 2035 pose un défi financier de taille qui doit être anticipé.
Combien on risque de perdre et combien coûtera la transition
La Direction générale du Trésor estime que les pertes fiscales liées à la TICPE pourraient atteindre 13 milliards d’euros dès 2030. Cette saignée de recettes fiscales pourrait se poursuivre jusqu’à 2050, date à laquelle cette ressource devrait avoir disparu totalement. Parallèlement, l’Office parlementaire évalue le coût de la transition électrique à 500 milliards d’euros sur une période de 20 ans. L’État français doit donc impérativement explorer des solutions pour combler ce « véritable gouffre budgétaire ».
Repenser la fiscalité — la redevance kilométrique en ligne de mire
Une piste envisagée pour compenser la perte de la TICPE est d’instaurer une redevance kilométrique pour les voitures électriques. François Lenglet, sur RTL, soutient cette idée en déclarant que « la redevance kilométrique est le choix privilégié ». Une hypothèse de prélèvement de 0,02 €/km est évoquée : pour un conducteur parcourant 15 000 km/an, cela représenterait 300 € par an. Ce montant resterait nettement inférieur à ce qu’un conducteur de véhicule thermique verse actuellement via les taxes sur les carburants.
Ce qui se fait ailleurs (régions et pays)
Plusieurs initiatives, au niveau régional et international, peuvent servir d’exemples. En Alsace, une redevance de 0,15 €/km pour tous les poids lourds de plus de 3,5 tonnes a été votée en 2025, et doit entrer en vigueur en 2027. Cette mesure régionale constitue un précédent qui pourrait servir de base pour étendre la taxation aux voitures électriques.
Au Royaume-Uni, une taxe kilométrique pour les conducteurs de véhicules électriques est prévue dès 2028. Le dispositif repose sur une déclaration préalable du kilométrage anticipé, suivie d’une régularisation en fin d’année. Par exemple, un conducteur effectuant 13 000 km/an se retrouverait avec une facture de 280 €, ce qui s’ajoute au coût de la carte grise.






