La quatrième édition de la Journée de la filière, organisée par la Plateforme automobile (PFA), s’est déroulée ce mardi 4 novembre à la Cité des Sciences et de l’Industrie, rapporte Le Figaro. Un millier de professionnels du secteur s’y sont retrouvés pour discuter des enjeux auxquels l’industrie automobile française doit faire face. Avec un marché qui fléchit et des objectifs européens très ambitieux, les acteurs tentent de s’adapter à un climat économique incertain.
Un secteur en difficulté
Le marché auto français a dégringolé de 28 % ces cinq dernières années. Cette baisse va de pair avec une chute de la production nationale, qui s’est effondrée d’un million d’unités. Autrement dit, 40 000 emplois ont déjà disparu, et 75 000 autres pourraient être sacrifiés d’ici 2035 parmi les 350 000 emplois actuels. Selon une étude de Roland Berger, 40 % des fournisseurs se retrouvent en situation très précaire.
Des figures influentes comme Luc Chatel, président de la PFA, et Antonio Filosa, nouveau patron de Stellantis, n’ont pas tari d’observations lors de l’événement. Luc Chatel a lancé : « J’ai l’impression de me répéter sur le thème de la survie de la filière ». François Provost, qui dirige le groupe Renault, a quant à lui averti : « Si je n’ai pas la flexibilité nécessaire, je devrai réduire fortement la production, au risque de devoir mettre au rebut des centaines de milliers de voitures. »
Les objectifs européens mis à rude épreuve
Bruxelles a fixé l’objectif de passer à une production 100 % électrique d’ici 2035, mais l’interdiction des moteurs thermiques n’est pas tenue en haute estime par les acteurs français. Ils voient dans cette ambition une menace pour les constructeurs nationaux. Antonio Filosa n’a pas mâché ses mots, qualifiant cette régulation de « mauvaise » pour les véhicules utilitaires.
Les constructeurs demandent plus de latitude sur les objectifs en matière de CO₂ et souhaitent que la neutralité technologique soit confirmée, afin de pouvoir recourir à d’autres motorisations que le tout-électrique, comme la flexibilité pour les véhicules hybrides, les hybrides rechargeables ou les prolongateurs d’autonomie. Ola Källenius, patron de Mercedes et président de l’ACEA, a insisté sur le fait qu’il était important de proposer aux acheteurs un large panel d’options tout en avançant vers l’électrification.
Localisation et compétitivité
Un autre sujet chaud abordé ce jour-là concerne la localisation des composantes des véhicules vendus en Europe. Michel de Rosen, directeur de Forvia, propose un minimum de 75 % de localisation, tandis que Renault penche pour un seuil à 60 %. Toutefois, Ola Källenius s’est montré sceptique quant à la façon dont ces mesures pourraient nuire à la compétitivité de l’Europe.
Pour répondre à ces inquiétudes, Roland Lescure, ministre de l’Économie, a déclaré que la France était prête à examiner des flexibilités sur l’interdiction des véhicules thermiques en 2035, si cela permettait de soutenir l’activité industrielle européenne.






