Marché automobile : 2025 commence mal 

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Marché automobile : 2025 commence mal  © L'Automobiliste

Alors que le secteur espérait un rebond après une fin d’année morose, le marché automobile démarre 2025 sur une pente descendante. Entre chute des immatriculations et incertitudes réglementaires, la tendance inquiète autant les constructeurs que les consommateurs.

Chaque début d’année donne le ton pour les mois à venir, et janvier 2025 ne fait pas exception. Avec une baisse marquée des ventes, les perspectives s’assombrissent pour un secteur déjà fragilisé.

Marché automobile : un recul marqué des immatriculations

Les chiffres sont sans appel : le marché automobile français a enregistré une baisse de 6,23 % des immatriculations de voitures particulières en janvier 2025, totalisant 114 672 unités. Ce repli s’inscrit dans la continuité d’un second semestre 2024 déjà morose, où les commandes avaient reculé dès août 2024.

Selon Julien Billon, directeur général de AAA Data, cette chute est significative :

« C’est une véritable baisse, avec le même nombre de jours ouvrés et sans effet de base notable. »

Comparé aux standards d’avant-crise, le contraste est saisissant. En janvier 2018 et 2019, les immatriculations atteignaient 156 000 unités, soit 26 % de plus qu’en 2025. La reprise post-Covid reste donc fragile, avec un marché qui peine à retrouver sa dynamique.

Si l’ensemble du marché est en berne, les véhicules électriques maintiennent leur niveau d’immatriculations avec 19 923 unités, contre 20 017 en janvier 2024. Leur part de marché progresse légèrement à 17 %, mais cela reste insuffisant pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de CO₂ imposés par l’Europe.

Marc Mortureux, directeur général de la Plateforme Automobile (PFA), alerte :

« Pour être dans les clous, il faudrait atteindre au moins 22 % de part de marché. La France doit faire mieux que la moyenne européenne. »

Autre tendance notable, la domination de Renault et Stellantis (Peugeot, Citroën) sur le segment électrique. Les marques chinoises, qui dominaient en 2024 grâce aux bonus écologiques, perdent du terrain, notamment après l’instauration de nouvelles taxes par Bruxelles.
Mais derrière cette stabilisation, une autre donnée inquiète : le niveau des commandes. La dynamique du leasing social ayant pris fin, les réservations pour les mois à venir semblent faibles, laissant présager un fléchissement des ventes d’électriques dans les prochains mois.

Un contexte économique défavorable aux achats de véhicules

Plusieurs facteurs freinent la demande automobile en ce début d’année. Le climat économique incertain et l’activisme fiscal sont pointés du doigt par les professionnels du secteur. Xavier Horent, délégué général de Mobilians, dénonce un manque de clarté des politiques publiques :

« Ni riches, ni pauvres, les Français sont exaspérés. Un trop-plein va submerger nos politiques s’ils persistent à faire fausse route avec un budget d’illusionnistes. »

L’accumulation de mesures fiscales (augmentation du malus sur les véhicules lourds, fin de certaines aides à l’achat) pèse sur le moral des acheteurs, qui reportent ou annulent leurs projets. Dans un marché déjà affaibli, cette instabilité complique encore la reprise.

Côté constructeurs, Peugeot retrouve sa place de leader du marché français avec 16,82 % de parts de marché, devant Renault (15,46 %) et un surprenant Toyota (9,15 %).

Le classement des ventes de janvier 2025 :

  1. Peugeot – 16,82 %
  2. Renault – 15,46 %
  3. Toyota – 9,15 %
  4. Dacia – 8,70 %
  5. Citroën – 8,05 %
  6. Volkswagen – 6,49 %

L’électrification du marché se poursuit, atteignant 70 % du mix automobile. Par ailleurs, BYD dépasse Porsche et se rapproche de Honda, Mazda et Volvo, signe d’un marché en mutation rapide.

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