Tesla a effacé, le 31 juillet, toute possibilité de personnalisation pour les Model S et X. Seuls quelques exemplaires en stock restent disponibles, en attendant leur disparition totale. Cette décision signe l’arrêt brutal de deux modèles qui ont incarné pendant plus d’une décennie le sommet de la mobilité électrique.
Tesla supprime discrètement les commandes des Model S et X en Europe
Sur les sites européens de Tesla, plus de bouton « Commander », plus d’option de configuration. Seule subsiste l’exploration de l’inventaire, limitée à quelques véhicules en fin de parcours. Le retrait s’effectue dans la plus grande discrétion, sans annonce officielle. Ce changement n’est pourtant pas anodin.
En 2023, Tesla avait déjà cessé la production des versions à conduite à droite, abandonnant le Royaume-Uni, le Japon et l’Australie. En début d’année 2025, la Chine a également été rayée de la carte des marchés concernés, apprend-on du site Les Numériques. Il ne reste désormais que les États-Unis et le Canada pour accueillir les derniers exemplaires de ces modèles premium.
Un effondrement des ventes devenu impossible à ignorer
Les chiffres confirment ce que le marché pressentait. Les Model S et X sont devenus marginaux. Tesla les regroupe désormais dans la catégorie « Autres modèles » aux côtés du Semi et du Cybertruck dans ses rapports financiers. Durant le premier semestre 2025, seulement 23 275 unités de cette catégorie ont été livrées à l’échelle mondiale, contre près de 700 000 livraisons pour les seuls Model 3 et Model Y.
En Allemagne, les statistiques sont saisissantes : 58 Model S et 59 Model X ont été immatriculées sur les six premiers mois de l’année, quand la Model Y a enregistré 6 305 immatriculations. À l’évidence, le déclin est structurel.
Un positionnement tarifaire devenu incohérent
Tesla a tenté de relancer l’intérêt autour des Model S et X avec quelques retouches cosmétiques : éclairage d’ambiance multicolore, nouveaux coloris, détails esthétiques. Mais ces ajouts se sont accompagnés d’une hausse tarifaire, rendant l’offre moins compétitive face à une concurrence européenne bien établie.
La BMW iX, l’Audi e-tron GT ou la Mercedes EQS offrent aujourd’hui des prestations comparables, voire supérieures, à des prix similaires voire inférieurs, tout en bénéficiant d’un réseau après-vente local plus dense.
La Model Y, fossoyeuse involontaire du haut de gamme
L’arrivée d’une version 7 places de la Model Y en Chine, qui pourrait prochainement être commercialisée en Europe, accentue le malaise autour de la Model X. Pour un prix de base situé entre 44 990 euros et 52 990 euros, la Model Y nouvelle version propose une autonomie allant jusqu’à 622 kilomètres (cycle WLTP) et un 0 à 100 km/h en 3,5 secondes pour la future version Performance.
À titre de comparaison, la Model X exige plus de 110 000 euros, pour des performances à peine supérieures, mais sans réelle valeur ajoutée pratique. Le segment familial haut de gamme est désormais occupé par des propositions plus rationnelles, et surtout plus abordables.
Des modèles relégués en coulisses, sans perspectives de relance
L’abandon progressif des marchés stratégiques, combiné à l’absence d’annonces concrètes sur un renouvellement de plateformes, confirme le désengagement de Tesla vis-à-vis de ses deux anciens porte-étendards. Le constructeur semble concentrer ses efforts sur ses volumes, via les Model 3 et Y, et ses futurs paris industriels comme le Cybertruck ou le projet de véhicule d’entrée de gamme.
Les Model S et X n’ont bénéficié d’aucune innovation de rupture ces deux dernières années, et leur disparition du marché européen ne s’accompagne d’aucun horizon alternatif. Elon Musk ne s’est pas exprimé sur le sujet, laissant planer le doute sur une éventuelle résurrection.
