Mauvaise nouvelle pour les salariés de Lidl : l’enseigne supprime les voitures électriques de sa flotte, et la raison est inattendue

Lidl abandonne l’électrique pour ses voitures de fonction en Allemagne. La raison ? Une décote à la revente qui fait mal au portefeuille. Un choix surprenant qui en dit long sur les vrais coûts cachés du tout-électrique.

Publié le
Lecture : 2 min
Mauvaise nouvelle pour les salariés de Lidl : l'enseigne supprime les voitures électriques de sa flotte, et la raison est inattendue
Mauvaise nouvelle pour les salariés de Lidl : l’enseigne supprime les voitures électriques de sa flotte, et la raison est inattendue © L'Automobiliste

La Schwarz-Gruppe, groupe allemand de distribution auquel appartiennent les enseignes Lidl et Kaufland, retire les véhicules 100 % électriques de son programme de voitures de fonction en Allemagne. La mesure s’applique à toutes les nouvelles commandes. Concrètement, les salariés de Lidl et Kaufland en Allemagne ne peuvent, pour l’instant, plus choisir de véhicule de fonction électrique.

L’information a d’abord été révélée par le Lebensmittel Zeitung, avant d’être confirmée par un porte-parole du groupe auprès du quotidien allemand Welt. Selon lui, en raison de la volatilité actuelle du marché automobile local et de l’évolution du cadre réglementaire, le groupe a décidé de ne plus intégrer, pour l’instant, les véhicules entièrement électriques dans les nouvelles commandes.

Un modèle d’achat-revente qui expose le groupe à la décote

La véritable raison tient à un choix de gestion assez rare dans le monde de l’entreprise. Contrairement à la plupart des sociétés, la Schwarz-Gruppe n’a pas recours au leasing pour ses véhicules de fonction : elle les achète directement, puis les revend elle-même après usage, notamment via sa propre plateforme en ligne.

Or les voitures électriques perdent souvent beaucoup plus vite de la valeur sur le marché de l’occasion que des modèles thermiques comparables, un phénomène lié à l’évolution rapide des batteries, de l’autonomie et de la vitesse de charge, qui rend les anciennes générations moins recherchées au bout de quelques années seulement.

Les chiffres de la Deutsche Automobil Treuhand (DAT) illustrent l’écart. À la fin du premier trimestre, une voiture à essence de trois ans, avec 20 000 kilomètres parcourus par an, conservait en moyenne 59 % de son prix catalogue neuf. Pour un véhicule 100 % électrique dans les mêmes conditions, ce taux tombait à 47 %.

La majorité des véhicules de la flotte du groupe proviennent de BMW, une marque dont les jeunes modèles d’occasion se vendent d’ordinaire à de bons prix. Mais un modèle comme la BMW i4, probablement présente en plusieurs exemplaires dans le parc de la Schwarz-Gruppe, appartient justement à ce segment de milieu et haut de gamme où la revente électrique se révèle plus difficile.

Cette instabilité des valeurs de revente ne se limite pas au groupe. Martin Weiss, responsable de l’évaluation des véhicules à la DAT, expliquait fin juin dans un entretien à Automobilwoche que de nombreux concessionnaires pourraient vendre davantage de véhicules électriques d’occasion s’ils en avaient en stock, mais surtout pour les modèles de moins de 20 000 euros. La demande existe donc, mais elle se concentre sur l’entrée de gamme.

D’autres facteurs alimentent cette volatilité : le progrès technique rapide qui déprécie les anciens modèles dès qu’une nouvelle génération arrive, ou encore les aides publiques à l’achat, dont l’introduction imprévisible fait baisser mécaniquement les prix de l’occasion. Des acteurs professionnels comme les groupes de concessions Emil Frey et Hedin, ou la société de leasing Allane, se sont déjà trompés dans leurs prévisions sur ce point.

La Schwarz-Gruppe n’est pas totalement isolée dans sa situation. La Deutsche Bahn achète également ses propres véhicules de fonction et reconnaît, elle aussi, que la baisse des valeurs résiduelles pèse sur la rentabilité des modèles électriques. La compagnie ferroviaire continue néanmoins d’en acheter, le choix des véhicules restant décidé selon le profil d’utilisation et la rentabilité globale.

Le groupe insiste sur le caractère limité de sa décision. Dans d’autres pays européens, il continue d’acheter des véhicules électriques, et met en avant d’autres offres de mobilité comme les vélos de fonction ou les abonnements de transport en commun d’entreprise.

Laisser un commentaire