L’absence d’assurance et les délits de fuite ont coûté 123 millions d’euros en 2024

Le baromètre 2024 met également en lumière un profil particulièrement préoccupant des conducteurs sans assurance, qui cumulent souvent plusieurs délits graves.

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L’absence d’assurance et les délits de fuite ont coûté 123 millions d’euros en 2024 © L'Automobiliste

Dans un contexte d’explosion des charges pour les assureurs, le dernier baromètre du Fonds de garantie des victimes (FGV), publié par Franceinfo le 27 juin 2024, vient rappeler à quel point la non-assurance automobile pèse lourdement sur le système assurantiel français. Rien qu’en 2024, le FGV a versé 123 millions d’euros pour indemniser les victimes de conducteurs non assurés ou non identifiés.

Ce montant, bien qu’en léger recul par rapport à l’année 2023 (137,4 millions d’euros, selon les chiffres 2023), confirme que la non-assurance n’est pas un épiphénomène. Elle représente un coût structurel, récurrent et croissant, financé indirectement par l’ensemble des assurés via une taxe obligatoire. « La non-assurance est un fléau pour la collectivité qui en assume l’essentiel du coût via la contribution prélevée sur l’ensemble des assurés automobiles, qui alimente le Fonds de garantie des victimes », rappellent les auteurs du rapport cité par Franceinfo.

243 000 infractions pour défaut d’assurance en 2024

En parallèle de cette pression financière, les infractions pour absence de couverture progressent nettement. « Le nombre de délits pour défaut d’assurance (243 000) continue de progresser grâce à l’exploitation renforcée du fichier des véhicules assurés (FVA) par les forces de l’ordre », indique le baromètre. À titre de comparaison, en 2020, ce chiffre tournait autour de 200 000. En quatre ans, l’augmentation dépasse donc les 20 %.

Le baromètre 2024 met également en lumière un profil particulièrement préoccupant des conducteurs sans assurance, qui cumulent souvent plusieurs délits graves. Ainsi, « 39% n’avaient pas de permis, contre 3% chez les conducteurs assurés » selon le baromètre du FGV. À cela s’ajoutent des taux élevés de comportements à risque : « 25% des conducteurs non assurés avaient commis des délits liés à l’usage des stupéfiants et 23% à l’alcoolémie au volant contre respectivement 5 et 7% pour les conducteurs roulant avec une assurance », relaye France Info. Des données stables par rapport à 2023.

Une pression accrue pour les assureurs qui coûte cher aux automobilistes

Si ces conducteurs hors-la-loi ne cotisent pas, ce sont les assurés en règle qui supportent collectivement les dégâts qu’ils provoquent. Le Fonds de garantie des victimes, financé par une taxe prélevée sur chaque contrat, mobilise ainsi plus de 120 millions d’euros par an, montant destiné à compenser les dommages corporels des accidents non couverts.

En parallèle, l’augmentation continue des sinistres provoqués par ces profils à haut risque pèse sur les modèles économiques des assureurs traditionnels, notamment en ce qui concerne la gestion du FGAO, les provisions techniques, et le rapport sinistres/primes. Pour les assurés eux-mêmes, cette spirale se traduit souvent par une hausse des cotisations, en particulier pour les jeunes conducteurs ou les profils à antécédents, déjà parmi les plus vulnérables.

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