Certains pays ne plaisantent pas avec la pédale d’accélérateur. D’autres font de la lenteur une marque de fabrique. La France, elle, trace sa route. Une étude mondiale vient mettre des chiffres sur ce qu’on soupçonnait déjà : tous les pays ne vivent pas la vitesse de la même façon.
101,5 km/h. C’est la moyenne enregistrée en France sur les longs trajets. Ce chiffre suffit à placer l’Hexagone dans le top 5 mondial des pays où l’on roule le plus vite. Mais attention : la vraie surprise, ce n’est pas là.
La France, plus rapide que l’Allemagne ? Oui.
La France se hisse à la 5ᵉ place mondiale en matière de vitesse moyenne sur les trajets longue distance, selon une étude menée par MoneySuperMarket, basée sur les données de l’API Google Routes. 101,5 km/h de moyenne sur les grands axes : un chiffre qui place les conducteurs français devant ceux de l’Allemagne (93,9 km/h) et même de l’Italie (97,5 km/h).
Et pourtant, l’image de l’automobiliste français, embourbé dans les bouchons ou scotché à 80 sur les départementales, persiste. En réalité, la France bénéficie d’un réseau autoroutier dense et fluide, qui permet à ceux qui voyagent loin de tenir des vitesses soutenues sans forcément enfreindre la loi.
À noter que les radars n’ont pas ralenti les Français autant qu’on pourrait le croire. En revanche, ce qui les distingue, c’est la régularité : là où d’autres pays sont marqués par de fortes disparités entre zones rurales et urbaines, la France affiche une constance remarquable.
Sans surprise, ce sont les États-Unis qui dominent ce classement, avec une moyenne nationale de 109,5 km/h. Mais attention, ce chiffre cache une réalité encore plus frappante : dans le Wyoming, la vitesse moyenne grimpe à 115,6 km/h. On y trouve les fameuses routes droites, sans fin, peu fréquentées, où la vitesse autorisée peut aller jusqu’à 136 km/h sur certaines portions, comme la Texas State Highway 130.
Les Américains roulent vite, mais ils roulent surtout longtemps, et souvent seuls sur la route. Le gigantisme du territoire, l’absence de péages, et la souplesse des limitations expliquent ce leadership. Le Canada (107,9 km/h) et Oman (104,7 km/h) complètent le podium. La Croatie, pays touristique et montagneux, s’accroche en quatrième place (102,9 km/h).
Vitesse urbaine : l’Estonie prend tout le monde de court
Les écarts sont vertigineux. En bas du classement, la Mauritanie affiche une moyenne de 22,9 km/h. En cause ? Des routes souvent abîmées, peu entretenues, et un trafic partagé avec des véhicules agricoles ou en mauvais état. Juste au-dessus, Malte (23 km/h) et Andorre (29,4 km/h) subissent une autre contrainte : des routes urbaines qui, bien que qualifiées de « longues distances », serpentent au milieu de zones très densifiées, souvent historiques.
À ce rythme-là, pas question d’envisager un Paris-Marseille en cinq heures. Ces pays ne sont pas faits pour la vitesse : ils privilégient la sécurité, la navigation à faible allure, ou sont tout simplement limités par leur géographie et leur urbanisme.
Quand on quitte les autoroutes pour plonger en ville, le classement se redistribue. Loin des clichés, c’est l’Estonie qui sort du lot avec une vitesse moyenne de 46,6 km/h en zone urbaine. Le Brunei suit de près (46,3 km/h). Des pays au parc automobile réduit, à la densité plus faible et à la circulation plus fluide. Aucun ne dépasse les 50 km/h, mais la tendance est claire : là où ça roule, c’est là où il y a moins de monde.
En bas du classement urbain, les grandes nations européennes font grise mine. Le Royaume-Uni (28,6 km/h), les États-Unis (26,6 km/h), mais aussi la France, l’Italie et l’Allemagne pâtissent d’une forte congestion. Zones piétonnes, limitations à 30 km/h, ralentisseurs à répétition : dans les grandes villes, la vitesse est devenue l’exception.
Alicia Hempsted, spécialiste assurance auto chez MoneySuperMarket, le rappelle dans l’étude : « Les comportements de conduite varient considérablement à travers le monde, et notre dernière étude met en évidence à quel point les vitesses moyennes diffèrent d’un pays à l’autre. ».
Plus on roule vite, plus on paye cher ? Pas systématiquement, mais la corrélation existe. Au Royaume-Uni, 42 % des infractions déclarées sur les demandes d’assurance concernent un excès de vitesse. Et selon les données de MoneySuperMarket, une condamnation pour excès de vitesse augmente la prime d’assurance de 211 £ en moyenne (environ 246 €).
Mais il ne suffit pas de rouler lentement pour échapper à la facture : ce sont les comportements à risque qui inquiètent les assureurs. D’où l’intérêt de comparer les vitesses moyennes : elles permettent de saisir des tendances de fond, au-delà de l’image qu’on se fait des conducteurs d’un pays.
La France, elle, semble avoir trouvé un équilibre. Rapide, mais pas trop. Régulière, mais pas lente. Et toujours dans le top 5 mondial.
