Grève SNCF en mai : si les voyageurs se rabattent sur la voiture, les routes seront bondées

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Grève SNCF en mai : si les voyageurs se rabattent sur la voiture, les routes seront bondées | L'Automobiliste

Ils voulaient fuir les rails. Ils risquent de s’empiler sur l’asphalte. En mai, la grève annoncée à la SNCF pourrait précipiter des centaines de milliers de voyageurs… dans les bouchons.

Le rail bloque ? L’automobile encaisse. Et cette fois, les chiffres le prouvent : mai 2025 pourrait bien signer l’un des pires ponts routiers de ces dernières années.

Une grève SNCF mal calée sur un calendrier explosif

Le ministre des Transports l’a dit, redit, martelé : « Ce mois de mai s’annonce difficile. » Philippe Tabarot, invité de RTL ce 24 avril 2025, évoque sans détour les conséquences du mouvement lancé par la CGT-Cheminots et SUD-Rail du 5 au 11 mai. Conducteurs, contrôleurs, collectifs informels… Tous annoncent une grève bien décidée à perturber le trafic autour du pont du 8 mai.
Et dans ce jeu de bras de fer, une certitude : ce sont les voyageurs qui trinquent. Déjà plus de 50 % d’annulations enregistrées sur les billets SNCF pour cette période selon la plateforme Kombo. À cela s’ajoute une ruée vers les alternatives… dont la voiture reste la reine.

Si les trains restent à quai, les voitures, elles, vont s’aligner pare-chocs contre pare-chocs. Une étude révélait déjà que 78 % des Français prévoyaient de partir durant les ponts de mai, bien avant même l’annonce de la grève. Résultat ? Les grands axes (A13, A11, A84) s’apprêtent à vivre un double embouteillage : celui des vacances… et du report massif des usagers SNCF.
À lui seul, le pont du 8 mai concentre toutes les tensions. Et la grève des trains pourrait pousser encore plus de monde sur les routes. Rien qu’entre Paris et Lyon, les ventes de billets Trenitalia ont grimpé de 20 % en une semaine. Sur les lignes de bus, +25 % d’achats. Et ceux qui ne trouvent plus de siège ? Direction l’autoroute.

Des routes saturées, une mobilité en sursis

Le ministre Tabarot alerte : « Une journée de grève, c’est dix millions d’euros qui ne sont pas investis dans le réseau. » Mais ce coût invisible pour la SNCF se traduit très concrètement sur le terrain : bouchons en série, hausse du risque d’accidents, et saturation des aires de repos.
Et le plus ironique, c’est que ces perturbations routières ne viennent pas seulement d’une grève. Elles se greffent sur un contexte déjà tendu. Les Franciliens s’échappent en masse pour les ponts de mai : seuls 14 % comptent rester en Île-de-France. Et 69 % des Français disent être prêts à faire 4h de route.

Ce n’est pas une simple question de vacances gâchées. C’est un vrai problème de mobilité collective. Envisager que des milliers de voyageurs se rabattent sur les routes sans coordination, c’est ignorer la porosité entre rail et route.
Alors oui, les Français partiront. Mais à quel prix ? Kilomètres de bouchons, tension au volant, carburant envolé, CO₂ décuplé…

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