Les plaques d’immatriculation, ces petites pièces de métal anodines, cachent des règles insoupçonnées. En apparence simples, elles sont pourtant le fruit de décisions rigoureuses et parfois surprenantes. Mais saviez-vous que certaines lettres de l’alphabet en sont totalement exclues ?
Derrière chaque immatriculation se cache un subtil mélange d’ordre et de symboles. Si la plupart des lettres passent inaperçues, certaines n’ont jamais eu leur place. Des choix invisibles au quotidien, mais qui révèlent des enjeux bien réels.
Le SIV : un système au service de l’ordre et de la simplicité
Depuis 2009, le Système d’Immatriculation des Véhicules (SIV) est en place pour faciliter la gestion des plaques en France. Contrairement à l’ancien FNI (Fichier National des Immatriculations), le SIV associe un numéro unique au véhicule, non à son propriétaire. Ainsi, chaque immatriculation suit une logique stricte et nationale : une série de sept caractères combinant lettres et chiffres.
Pourquoi un tel système ? « Simplifier les démarches des usagers, sécuriser les informations et uniformiser le processus », précise l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS). Avec une durée de vie prévue de 80 ans, ce système garantit une identification claire, évitant les ambiguïtés potentielles.
Dans ce système apparemment rigoureux, certains choix intriguent. Les lettres I, O et U, pourtant essentielles à l’alphabet, n’apparaissent jamais sur une plaque d’immatriculation. Pourquoi ? Elles prêtent à confusion.
Le I se confond facilement avec le chiffre 1, tout comme le O avec le 0. Quant au U, il est trop proche visuellement du V. Ces ambiguïtés pourraient poser un problème, notamment pour les radars et les caméras de surveillance, où une lecture erronée pourrait avoir des conséquences administratives ou judiciaires.
Plaques d’immatriculation : une liberté partielle pour le reste
Certaines décisions dépassent les simples questions de lisibilité. L’association des deux lettres S est formellement interdite. L’histoire y joue un rôle central : « SS » renvoie à la sinistre Schutzstaffel, une organisation du régime nazi responsable de crimes contre l’humanité.
Cette interdiction répond à une exigence morale inscrite dans le Code pénal. « Le port ou l’exhibition d’insignes rappelant des organisations criminelles est réprimé », rappelle l’ANTS.
Si certaines combinaisons sont interdites, les automobilistes jouissent tout de même d’un certain choix. Le département, par exemple, peut être librement sélectionné, peu importe la région de résidence. Cette flexibilité permet de personnaliser légèrement la plaque, tout en respectant les contraintes nationales.
Cependant, dans certains pays voisins comme le Luxembourg, d’autres combinaisons jugées inappropriées, telles que WC, PD, QQ ou KK, restent interdites. Elles l’étaient d’ailleurs auparavant en France.






