Fiscalité : vers un nouvel impôt pour les voitures de collection ?

La France prépare un impôt visant certains biens considérés comme improductifs. Les voitures de collection pourraient y être soumises. La Fédération française alerte sur les risques pour un secteur dynamique, créateur d’emplois et de valeur.

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La France prépare un impôt visant certains biens considérés comme improductifs. Les voitures de collection pourraient y être soumises. La Fédération française alerte sur les risques pour un secteur dynamique, créateur d’emplois et de valeur.
La France prépare un impôt visant certains biens considérés comme improductifs. Les voitures de collection pourraient y être soumises. La Fédération française alerte sur les risques pour un secteur dynamique, créateur d’emplois et de valeur. | L'Automobiliste

L’annonce d’un nouvel impôt sur les actifs jugés improductifs suscite de fortes réactions dans le monde des voitures de collection. La Fédération française des véhicules d’époque appelle le gouvernement à revoir sa copie, estimant que ce patrimoine roulant contribue largement à l’économie nationale.

Les voitures de collection, un actif improductif ?

L’intégration des voitures de collection dans la catégorie des actifs improductifs fait débat. Le projet présenté dans le cadre du prochain budget prévoit de taxer différents biens non générateurs de revenus directs. Dans cette liste figurent des véhicules anciens dont la valeur dépasse un certain seuil. Les modèles concernés seraient pris en compte dans le calcul du nouvel impôt dès lors que l’ensemble de la collection franchirait une valeur globale de 250.000 euros.

Pour les passionnés, cette approche est trop simpliste. Ils rappellent que la voiture de collection ne se résume pas à un objet dormant dans un garage. Elle demande de l’entretien, de l’assurance, des réparations, et mobilise un grand nombre de professionnels. Plusieurs acteurs du secteur soulignent ainsi que ce patrimoine roulant reste placé dans un circuit économique très actif, loin de l’idée d’un capital figé.

La Fédération française des véhicules d’époque multiplie les alertes. Selon elle, assimiler la voiture de collection à un bien improductif occulte totalement la réalité du marché. Elle évoque un risque de décourager les propriétaires, mais aussi de fragiliser des centaines d’ateliers et d’entreprises spécialisées. Pour la fédération, un tel impôt reviendrait à taxer un pan entier de la culture mécanique française, pourtant reconnu comme vivace et attractif.

Un patrimoine roulant à forte valeur économique

La fédération met en avant des données chiffrées pour montrer le poids réel de la voiture de collection. Une enquête réalisée auprès de milliers de propriétaires révèle un niveau de dépenses particulièrement élevé. Entre entretien, réparations, assurance, stockage ou sorties touristiques, les sommes engagées chaque année témoignent d’un secteur dynamique. Ce flux constant profite à des garages, des artisans et de nombreux acteurs locaux.

Les professionnels spécialisés dans la restauration des véhicules anciens soulignent également la nature non délocalisable de leur métier. La demande reste forte : une large majorité des propriétaires envisage des travaux lourds dans les prochaines années. Cette perspective offre une stabilité appréciable à des emplois qualifiés, souvent transmis de génération en génération.

Au-delà des particuliers, le marché global de la voiture de collection représente un volume économique de plusieurs milliards d’euros. De nombreuses entreprises prévoient d’ailleurs d’augmenter leurs effectifs. Pour les défenseurs du patrimoine automobile, ces chiffres démontrent que le secteur contribue bien davantage qu’on ne le pense aux recettes de l’État, notamment via la TVA, les activités touristiques et les services associés.

Face à ces éléments, la fédération demande que les véhicules anciens soient explicitement exclus du nouvel impôt. Elle propose même d’intégrer l’automobile historique dans les dispositifs de soutien au patrimoine, estimant que ces véhicules racontent une part essentielle de l’histoire industrielle et culturelle française. À l’opposé, le projet gouvernemental vise plutôt à accroître la fiscalité sur ces voitures, ce qui, selon la fédération, mettrait en péril un écosystème entier.

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