C’est un soulagement pour des centaines de milliers d’automobilistes : le projet d’augmentation des taxes sur le Superéthanol-E85 a été retiré du projet de loi de finances 2026. La commission des finances de l’Assemblée nationale a abrogé l’article qui prévoyait la réduction progressive de l’avantage fiscal accordé à ce carburant renouvelable.
Une augmentation de la fiscalité du carburant E85 annoncée pour le Budget 2026
Dans sa version initiale, le projet de loi de finances (PLF) 2026 prévoyait une hausse étalée sur trois ans de la TICPE (Taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques) appliquée au bioéthanol.
L’objectif affiché : réduire l’écart fiscal entre les carburants fossiles et les carburants alternatifs.
Concrètement, cela aurait entraîné une augmentation progressive de près de 50 centimes par litre, faisant passer le prix du Superéthanol-E85 de 0,70 € à environ 1,20 € d’ici 2028.
Une mesure justifiée par Bercy au nom de « l’harmonisation écologique » et de la recherche de recettes fiscales, mais largement critiquée par les automobilistes et les acteurs du secteur, qui y voyaient un contre-sens écologique et économique.
Une abrogation surprise en commission des finances
Contre toute attente, la commission des finances a tranché le 20 octobre 2025 selon nos informations : l’article a été supprimé. Cette suppression signifie que le régime fiscal actuel de l’E85 est maintenu, et qu’aucune hausse de taxe n’interviendra en 2026.
Conséquence directe : le prix du litre d’E85 ne bougera pas l’an prochain, et restera autour de 0,70 € à 0,80 €, soit deux fois moins cher que le sans-plomb 95-E10. Et c’est une très bonne nouvelle pour les automobilistes qui avaient adopté ce carburant plus écologique.
Avec plus de 550 000 véhicules équipés d’origine ou via un boîtier de conversion homologué, le Superéthanol-E85 connaît en effet une croissance record. En 2025, il représente près de 7 % des volumes d’essence vendus en France.
Son prix imbattable, deux fois moins cher que l’essence SP95-E10, et son bilan carbone réduit de 50 % à 70 % en font le carburant du pouvoir d’achat et de la transition. La filière française du bioéthanol, portée par les producteurs agricoles et les distilleries locales, peut souffler : la stabilité fiscale garantit la poursuite des investissements.






