Peu de gens le savent, mais ces boules de ciment sur les trottoirs protègent les piétons d’un danger que les urbanistes redoutent depuis 20 ans

Ces boules de ciment croisées chaque jour sur vos trottoirs cachent une histoire bien plus sérieuse qu’il n’y paraît, liée à la sécurité des piétons et même à un attentat tristement célèbre.

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Peu de gens le savent, mais ces boules de ciment sur les trottoirs protègent les piétons d'un danger que les urbanistes redoutent depuis 20 ans
Peu de gens le savent, mais ces boules de ciment sur les trottoirs protègent les piétons d’un danger que les urbanistes redoutent depuis 20 ans © L'Automobiliste

Les bolardos, boules de ciment plantées en bordure de trottoir, font partie du mobilier urbain quotidien dans les rues d’Espagne. Discrets, presque banals, ils passent souvent inaperçus alors qu’ils remplissent plusieurs fonctions de sécurité bien précises.

La Real Academia Española décrit un bolardo comme un obstacle en fer, en pierre ou en toute autre matière, posé sur le sol d’une voie publique pour empêcher le passage ou le stationnement des véhicules. Le mot vient du français bollard, qui désignait à l’origine les poteaux d’amarrage dans les ports, avant d’être repris pour ces éléments urbains assurant une fonction de délimitation similaire, explique Cronista.

Leur objectif premier reste la sécurité des piétons : en formant une barrière face à la route, ils freinent un véhicule qui perdrait le contrôle et sortirait de quelques mètres vers le trottoir. Ils servent aussi à délimiter les zones de stationnement dans les villes, et les mairies s’en servent pour empêcher les travailleurs de garer leur véhicule dans des espaces non autorisés, libérant ainsi ces zones pour les piétons.

Face à la recrudescence des vols par alunizaje, ces intrusions commises à bord d’un véhicule pour forcer l’entrée d’un commerce, plusieurs municipalités ont également choisi d’en installer devant les vitrines.

À Buenos Aires, une présence qui s’est généralisée

Ces structures rondes en béton sont devenues courantes dans la Ville de Buenos Aires, en particulier sur les avenues Corrientes et Santa Fe. On les retrouve aussi dans les quartiers de Palermo, Belgrano, Recoleta et Caballito, des zones à forte densité de circulation où voitures, motos et piétons se partagent un espace restreint.

Elles sont installées à des points stratégiques : coins de rue, abords des écoles, des hôpitaux et des arrêts de bus. Elles organisent aussi la circulation près des zones de chargement et déchargement, des pistes cyclables et des rampes pour personnes à mobilité réduite, qu’elles maintiennent dégagées.

Dans certains secteurs, elles protègent également les canalisations, les réseaux de câbles souterrains et les racines des arbres contre le poids des véhicules, et peuvent servir à séparer le trottoir d’un accès privé comme une entrée de garage.

Le ciment, un choix de résistance et de coût

Le béton combine résistance, durabilité et coût relativement bas, ce qui explique sa généralisation face à d’autres matériaux. Contrairement au plastique ou à certains modèles métalliques, il résiste mieux aux chocs et à l’exposition permanente aux intempéries, sans perdre sa forme ni réclamer d’entretien constant.

Son poids rend aussi ces boules difficiles à déplacer ou à retirer, un atout quand l’objectif est de protéger durablement un secteur du trottoir. Leur installation reste simple et ne nécessite généralement aucun mécanisme complexe, ce qui en fait une solution pratique pour organiser la circulation et protéger les espaces piétons.

Lors de la fabrication des bolardos en ciment, les arêtes sont évitées afin que leurs pointes ne puissent pas blesser les piétons. Sur le plan esthétique, ces petites boules sont jugées moins agressives que les pivots cylindriques métalliques utilisés auparavant. Elles résistent aussi mieux aux impacts que les bolardos d’autres formes.

Les mairies de Madrid et de Barcelone ont choisi, ces dernières années, d’installer des bolardos de dimension supérieure sur les places et dans les rues principales. L’objectif est d’éviter la répétition d’un événement comme celui du 17 août 2017 : ce jour-là, des terroristes de Daesh avaient lancé une camionnette blanche sur Las Ramblas, parcourant plus de 500 mètres. L’attentat avait fait 15 morts et 131 blessés.

À Buenos Aires, certains riverains signalent que des bolardos mal positionnés réduisent la largeur du trottoir et gênent le passage des poussettes ou des fauteuils roulants. En l’absence de signalisation adéquate ou de peinture réfléchissante, ils peuvent aussi provoquer des chutes, surtout la nuit.

Comme les trous percés dans les bancs publics pour évacuer l’eau de pluie, ou les dalles en relief qui guident les personnes malvoyantes, les bolardos font partie de ce mobilier urbain dont la fonction de sécurité reste largement méconnue des habitants qui croisent ces boules de ciment chaque jour sans y prêter attention.

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