Baisse historique de la pollution automobile : -4,5% en un an

Le secteur des transports réduit ses émissions de 4,5% au premier semestre 2026, contribuant fortement à la baisse globale de la pollution atmosphérique en France.

Publié le
Lecture : 3 min
"La fin de la voiture, c'est une question de temps" a affirmé Jean-Marc Jancovici
Baisse historique de la pollution automobile : -4,5% en un an © L'Automobiliste

Les émissions de gaz à effet de serre issues des transports ont diminué en France. D’après le Citepa, référence pour le suivi des émissions nationales, le secteur a réduit ses rejets de 4,5 % au premier semestre 2026 par rapport à la même période en 2025. Pour l’année entière, la baisse pourrait atteindre 4,8 %, avec des émissions prévues à 117 millions de tonnes équivalent CO2, contre 122,9 millions en 2025.

Le baromètre mensuel du Citepa, publié le 13 octobre 2026, combine les données consolidées du premier semestre avec des projections pour le second. Bien que les émissions globales diminuent de 4,1 % au premier semestre, le rythme ralentit à 1,3 % dans la seconde moitié de l’année. Pour 2026, les émissions de GES en France devraient atteindre 349,4 millions de tonnes équivalent CO2, soit une baisse de 2,8 % par rapport aux 359,4 millions de l’année précédente, selon les prévisions du Citepa.

Le rôle du transport routier dans la diminution des émissions

Le transport routier, responsable de plus de 90 % des émissions du secteur, est le principal acteur de cette réduction. Le Citepa observe une baisse de 7,3 % des ventes de gazole au premier semestre 2026 par rapport à 2025. Le gazole, principal contributeur aux émissions de carbone, est utilisé par plus des deux tiers des véhicules en France.

Selon Franceinfo, cette baisse s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques, avec la guerre au Moyen-Orient et une augmentation des prix du carburant. Les automobilistes ont changé leurs habitudes, contribuant ainsi à la diminution des émissions.

En parallèle, les émissions du transport aérien domestique sont restées stables au premier semestre 2026 par rapport à 2025. Cependant, le transport aérien international, non comptabilisé dans les émissions nationales, a augmenté de 2,5 %, indiquant une reprise des vols long-courriers.

Résultats variables selon les secteurs économiques

Au-delà des transports, le secteur des bâtiments affiche la plus forte baisse relative des émissions de GES, avec une réduction de 12 % au premier semestre 2026. Ce recul de 3,7 millions de tonnes équivalent CO2 est principalement dû à une diminution des émissions liées au chauffage, à l’eau chaude sanitaire et à la cuisson. La consommation de gaz naturel a significativement baissé. Cependant, un léger rebond est anticipé au second semestre (+1,9 %), portant la baisse annuelle à 5,9 %, soit 51,7 millions de tonnes équivalent CO2.

Quant à l’industrie manufacturière et la construction, elles ont enregistré une diminution plus modeste de 2,4 % au premier semestre 2026, soit 0,7 million de tonnes équivalent CO2 en moins. Les industries agroalimentaires et chimiques ont chacune contribué à hauteur de 0,3 million de tonnes à cette baisse, tandis que la métallurgie des métaux ferreux a vu ses émissions augmenter de 9 %, principalement en raison d’une consommation accrue de combustibles minéraux solides par la sidérurgie.

Le secteur agricole a poursuivi sa réduction à un rythme modéré (moins 1 % au premier semestre), avec des variations selon les gaz : les émissions de méthane ont baissé de 2,4 % grâce à une réduction du cheptel bovin, alors que celles de protoxyde d’azote ont progressé de 2,1 %, en raison de l’augmentation des engrais azotés. Sur l’année 2026, les émissions agricoles et forestières devraient diminuer de 1,3 %, pour atteindre 75,6 millions de tonnes équivalent CO2.

Augmentation des émissions dans l’industrie de l’énergie

Contrairement à la tendance globale, l’industrie de l’énergie prévoit une hausse de ses émissions en 2026. Après une quasi-stabilité au premier semestre (moins 1,2 %), les émissions du secteur devraient croître au second semestre, en raison d’un recours accru aux centrales à gaz pour produire de l’électricité. RTE, gestionnaire du réseau électrique français, indique que ces centrales ont été plus sollicitées durant l’été 2026 pour répondre à une forte demande électrique, liée à la climatisation pendant les canicules et à une production hydraulique réduite par la sécheresse.

Pour l’année 2026, les émissions de l’industrie de l’énergie devraient ainsi augmenter de 3,6 %, atteignant 32,5 millions de tonnes équivalent CO2. La production d’électricité, représentant environ un tiers des émissions du secteur, verrait ses émissions croître de 15,9 %, tandis que le raffinage du pétrole enregistrerait une baisse de 4,8 %.

Les défis de la décarbonation du secteur automobile

Dans le secteur automobile, la baisse de 4,8 % des émissions en 2026 est insuffisante face aux objectifs de 2030. Les constructeurs et les pouvoirs publics doivent accélérer le déploiement des alternatives aux moteurs thermiques : véhicules électriques, hybrides rechargeables, biocarburants et hydrogène. Les discussions sur la taxation et la régulation du secteur restent vives, comme le montre la suppression d’une taxe automobile en Italie.

La forte baisse des ventes de gazole au premier semestre 2026 montre la sensibilité des consommateurs aux prix du carburant et pose la question de l’équité de la transition écologique. La hausse des prix pèse sur les ménages modestes dépendants de leur véhicule. La consommation de gazole par les poids lourds est également sous surveillance, notamment pour ses implications sur la sécurité routière.

Laisser un commentaire