Une voiture garée en plein soleil peut atteindre 50°C, voire 70°C dans l’habitacle, en une demi-heure à peine, avec des surfaces intérieures grimpant jusqu’à 80°C. Avant même d’allumer la climatisation, un geste gratuit permet de faire chuter la température de près de 10°C en moins de deux minutes : baisser complètement la vitre côté passager, puis ouvrir et refermer cinq fois de suite la portière côté conducteur, explique Selectra.
Ce mouvement de soufflet chasse d’un coup l’air surchauffé emprisonné par effet de serre et le remplace par de l’air extérieur, même à 35°C nettement plus frais que les 60°C accumulés à l’intérieur.
L’intérêt n’est pas seulement le confort. Selon le directeur de l’Observatoire Cetelem, dans un entretien accordé au Parisien en août 2025, « la climatisation, sollicite davantage le moteur et fait gonfler la consommation de carburant ».
Une surconsommation qui dépend du trajet
L’Ademe chiffre cette hausse entre 1 % et 7 % en moyenne, « suivant les climats, les véhicules et les usages », mais elle peut grimper jusqu’à 40 % selon le type de trajet et la température recherchée. En ville, où les arrêts fréquents forcent le compresseur à plein régime, la surconsommation atteint souvent 20 à 35 %, soit 1,5 à 2 litres de plus aux 100 km. Sur autoroute, elle retombe à 5 ou 6 % en moyenne, la vitesse constante diluant la dépense.
Sur la base de 15 000 km par an, avec une utilisation de la clim sur quatre mois et un carburant à 1,70 €/L, la surconsommation en ville peut représenter 150 à 200 litres d’essence, soit 250 à 350 € annuels.
À titre de comparaison, rouler fenêtres ouvertes en ville ne coûte qu’environ 1 % de surconsommation, contre 20 à 35 % avec la clim. Au-delà de 100 km/h en revanche, l’aérodynamisme dégradé par les vitres baissées rend la climatisation tout aussi économique, voire plus.
L’Ademe recommande de ne jamais creuser un écart supérieur à 5°C entre l’intérieur et l’extérieur du véhicule, pour limiter l’effort du compresseur. Autres réflexes utiles :
- viser 22 à 24°C plutôt que le minimum,
- activer le recyclage d’air une fois l’habitacle rafraîchi,
- et couper la clim quelques minutes avant d’arriver.
Une recharge du circuit coûte par ailleurs 40 à 60 €, à prévoir tous les deux à trois ans. La climatisation augmente aussi les émissions d’oxyde d’azote, de monoxyde de carbone et d’hydrocarbures. Et laisser un enfant ou un animal seul dans une voiture, même quelques minutes vitres entrouvertes, peut être mortel : en cas de danger, il faut composer le 17 ou le 112.
Sur une électrique, l’autonomie qui fond
Sur un véhicule électrique, la clim puise directement dans la batterie, entre 1 et 2 kW, pour une perte d’autonomie de 10 à 15 %, davantage en cas de forte chaleur. Sur un trajet de 200 km, cela peut représenter 25 à 30 km d’autonomie en moins.
Avec une batterie de 60 kWh, comme celle de la Renault Megane E-Tech, la perte grimpe à 40 ou 60 km. Le préconditionnement, qui consiste à rafraîchir l’habitacle pendant que la voiture est encore branchée, permet de partir au frais sans entamer la batterie.

