Automobile : Renault tourne la page du 100% thermique en Europe

Le constructeur automobile Renault accélère sa mutation industrielle. Le groupe français a annoncé viser la fin des ventes de voitures purement thermiques en Europe d’ici 2030.

Publié le
Lecture : 2 min
“Refusé au contrôle technique pour une caméra volée” : ce détail choque
Automobile : Renault tourne la page du 100% thermique en Europe © L'Automobiliste

Le 10 mars 2026, Renault a détaillé les grandes lignes de sa stratégie industrielle pour les prochaines années. Au cœur de ce plan figure une transformation profonde de son offre automobile en Europe. L’objectif affiché par le constructeur est clair : abandonner progressivement les voitures uniquement thermiques sur le marché européen d’ici la fin de la décennie.

Voitures électriques et hybrides : l’objectif de Renault pour 2030

Selon les informations relayées par Le Parisien, la marque française vise désormais « 100 % de ventes électrifiées » en Europe à l’horizon 2030, ce qui signifie que les modèles commercialisés devront être soit électriques, soit hybrides. Cette orientation marque un ajustement stratégique par rapport aux premières annonces qui évoquaient un passage complet au 100 % électrique. Désormais, l’électrification inclut aussi les motorisations hybrides.

Concrètement, Renault prévoit de mettre fin à la commercialisation des véhicules équipés uniquement de moteurs essence ou diesel sur le continent européen. Selon Le Parisien, ces modèles représentent aujourd’hui environ 40 % des ventes de Renault en Europe.

Renault et l’industrie automobile face aux nouvelles règles européennes

La stratégie du groupe Renault ne peut pas être dissociée du cadre réglementaire européen. Depuis plusieurs années, l’Union européenne pousse les constructeurs automobiles à réduire drastiquement les émissions de CO₂ des véhicules neufs.

Initialement, Bruxelles avait prévu d’interdire la vente de voitures thermiques neuves à partir de 2035. Cette perspective a fortement influencé les stratégies industrielles des constructeurs. Comme le rappelle Le Monde, l’objectif européen vise une réduction massive des émissions liées au transport routier dans le cadre des politiques climatiques.

Dans ce contexte, les groupes automobiles doivent anticiper la disparition progressive des motorisations thermiques traditionnelles. Le patron de Renault, Luca de Meo, a d’ailleurs souligné la complexité de cette transition industrielle. « Basculer en 12 ans de 10 % de part de marché pour les véhicules électriques à 100 %, c’est vraiment très compliqué », a-t-il déclaré selon Public Sénat.

Cette transformation implique en effet des investissements massifs dans les technologies électriques, les batteries, les logiciels et les infrastructures industrielles. Elle modifie aussi l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur automobile, depuis les fournisseurs jusqu’aux réseaux de distribution. Pour Renault, le choix d’intégrer les hybrides dans son objectif de ventes électrifiées constitue une manière d’adapter la transition à la réalité du marché.

Renault prépare une nouvelle offensive industrielle

Au-delà de la transition énergétique, la stratégie de Renault vise également à renforcer sa compétitivité dans un secteur en pleine recomposition. La concurrence s’intensifie, notamment face aux constructeurs chinois qui gagnent rapidement des parts de marché sur les véhicules électriques.

Selon l’agence Reuters, le groupe français a présenté un plan ambitieux pour soutenir sa croissance au cours des prochaines années. Renault prévoit notamment de lancer 36 nouveaux modèles sur cinq ans afin de renouveler et d’élargir sa gamme.

Le constructeur souhaite également augmenter ses volumes de ventes à l’échelle mondiale. L’objectif est d’atteindre environ 2 millions de véhicules vendus par an d’ici 2030, contre 1,63 million en 2025. Cela représenterait une hausse d’environ 23 % des ventes sur cette période.

Parallèlement, Renault entend renforcer sa présence internationale. Le groupe vise ainsi à ce que 50 % des voitures de la marque Renault soient vendues hors d’Europe d’ici 2030, souligne Reuters dans son analyse du plan stratégique.

Cette orientation répond à un double enjeu. D’une part, le marché européen reste fortement régulé et très concurrentiel. D’autre part, la croissance de la demande automobile se situe désormais principalement dans les régions émergentes et sur certains marchés internationaux.

Laisser un commentaire