Un rapport publié en septembre 2026 par l’institut mobilités et transitions (IMT), un think tank indépendant consacré à la transition écologique dans les transports, propose la création d’une redevance annuelle sur la simple détention d’un véhicule. Baptisée vignette auto, elle pourrait grimper jusqu’à 910 euros par an pour les propriétaires les plus aisés. L’information a été relayée par RMC Conso.
Contrairement à l’ancienne vignette, que les automobilistes de plus de 50 ans ont connue collée sur le pare-brise de 1956 à 2001, ce nouveau dispositif serait entièrement numérisé. Fini le petit autocollant à acheter chaque année : la gestion se ferait de façon dématérialisée.
Le montant ne serait pas fixe. Il varierait selon la motorisation du véhicule, sa masse, le lieu de vie et le revenu du propriétaire, ainsi que le nombre de véhicules qu’il possède. Dans le détail, le plancher serait fixé à 30 euros par an pour un ménage très modeste disposant d’un seul véhicule électrique léger, assemblé au sein de l’Union européenne et vivant en zone périurbaine ou rurale.
À l’autre bout du barème, les 910 euros seraient réservés à un ménage parmi les 20 % les plus aisés, résidant en centre-ville, propriétaire d’un véhicule thermique lourd et ancien, et détenant d’autres voitures en plus. Le rapport insiste lui-même sur l’ampleur de cet écart, de 30 à 910 euros selon le profil.
Cette proposition répond à un problème bien identifié : la fiscalité routière française dépend en grande partie des taxes prélevées sur le carburant, un modèle que le développement rapide des voitures électriques fragilise. En 2025, cette fiscalité a rapporté 67,5 milliards d’euros à l’État, soit environ 940 euros par véhicule.
Mais la consommation de carburant chute, un recul entretenu aussi par la flambée des prix à la pompe, pendant que les véhicules électriques représentent désormais près de 40 % des nouvelles immatriculations.
Les projections de l’IMT dessinent une trajectoire inquiétante pour les finances publiques. Le poids de la fiscalité routière dans les recettes de l’État, qui pesait 5,6 % en 2019 et encore 4,6 % en 2025, pourrait tomber à 3,4 % en 2035. L’objectif affiché de la nouvelle redevance est de renflouer les caisses de l’État.





