Voiture thermique : l’Allemagne ne veut plus de l’interdiction en 2035

Face aux difficultés du secteur, l’Allemagne réclame la suppression du calendrier de fin de la voiture thermique fixé à 2035.

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ace aux difficultés du secteur, l’Allemagne réclame la suppression du calendrier de fin des voitures thermiques fixé à 2035. Pixabay
ace aux difficultés du secteur, l’Allemagne réclame la suppression du calendrier de fin des voitures thermiques fixé à 2035. Pixabay | L'Automobiliste

L’Allemagne, grande puissance industrielle automobile, conteste fermement l’interdiction européenne de commercialiser des véhicules thermiques dès 2035. Entre craintes économiques, demande électrique timide et soutien politique, le dossier révèle des fractures sur l’avenir de la mobilité en Europe.

Voiture thermique : des motivations économiques derrière le rejet

Le secteur automobile allemand traverse une passe délicate. La demande pour les véhicules électriques reste décevante. Les constructeurs doivent rivaliser avec des fabricants chinois soutenus par des politiques d’État agressives. Face à cette pression, BMW, Mercedes, Volkswagen et d’autres plaident pour l’abandon de l’interdiction des voitures thermiques neuves.
Derrière cette contestation, il y a la crainte de déstabiliser l’industrie nationale. Le basculement vers l’électrique exige des investissements massifs en chaînes de production, batteries et infrastructures de recharge. Beaucoup estiment que le calendrier imposé par Bruxelles ne laisse pas assez de temps pour accompagner cette transition sans pertes sociales ou financières.

En outre, le gouvernement fédéral s’est rangé à cette exigence. Le chancelier Friedrich Merz a déclaré que l’interdiction était « fausse » et plaide pour qu’elle soit purement et simplement annulée. Il juge que l’Europe ne devrait pas imposer à l’avance une technologie unique, mais laisser place à la concurrence entre solutions — notamment les carburants de synthèse. Cependant, tous les membres de la coalition gouvernementale ne partagent pas cette position. Le ministre de l’Environnement social-démocrate reste sceptique quant à l’abandon total du calendrier. La dissension interne reflète l’enjeu : garantir le soutien à la transition écologique sans sacrifier un pan clé de l’économie allemande.

Vers un assouplissement ou une révision de la règle européenne

La pression allemande pourrait influencer Bruxelles. La Commission européenne a déjà annoncé qu’elle examinerait le calendrier de 2035 « dès que possible ». Plusieurs États, dont l’Italie, se sont joints à Berlin pour demander une révision du plan. Par ailleurs, l’association allemande des constructeurs (VDA) et le puissant syndicat IG Metall ont publié une déclaration commune appelant l’UE à abandonner le bannissement pur et dur des moteurs thermiques. Ils évoquent les retards dans la production de batteries, les pénuries de matières premières et les infrastructures de recharge insuffisantes.

Dans le même temps, au Parlement européen, le groupe centriste (PPE) envisage d’introduire des amendements pour permettre la commercialisation au-delà de 2035 de voitures utilisant des carburants synthétiques ou hybrides. Cela offrirait une porte de sortie aux moteurs à combustion « plus propres » sans rompre complètement avec l’ambition climatique. Ce compromis possible illustre le défi : concilier la transformation écologique et la stabilité économique. Les mois à venir s’annoncent décisifs pour savoir si l’Allemagne parviendra à imposer sa vision sur la mobilité européenne.

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